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SOMMAIRE
I - Brève Histoire
des Origines de la Religion chrétienne
II - La Question de Pâques
III- L' Invention de l'Ere
chrétienne
IV - L'Erreur du Judéo
- Christianisme
I - BREVE HISTOIRE
DES ORIGINES DE LA RELIGION CHRETIENNE
A) PREAMBULE
B) UNE PREHISTOIRE CHRETIENNE
C) UNE PROTOHISTOIRE CHRETIENNE
D) AVENEMENT HISTORIQUE DU CHRISTIANISME
A - PREAMBULE
Si la religion chrétienne
était, comme on le dit faussement, une religion d'origine
juive, la datation de la fête de Pâques n'aurait jamais
posé de problème. Il existe certes plusieurs sortes
de judaïsme : on vient de publier récemment un livre
intitulé simplement " Les Judaïsmes ". Mais tous les
Juifs,
où soient-ils, et quelles que soient leurs opinions
religieuses personnelles célèbrent le 15 Nisan
la fête nationale de Pâque, date mythique de leur sortie
d'Egypte et de leur accession à une identité
de peuple-Etat, qui se précisera progressivement.
L'affirmation fausse d'un
judéo-christianisme antique, cherchant à transformer
tout Chrétien en Juif
et tout Juif en Chrétien, tend en fait de nos jours
à dissimuler l'opportunisme de certaines situations
personnelles, l'antijudaïsme foncier et la participation
de l'Eglise romaine au drame monstrueux de la Shoah,
en lui donnant l'éventualité de s'approprier le martyre
collectif des Juifs par l'installation d'un Carmel,
croix pontificales etc ... à Auschwitz.
Le terme de Judéo-christianisme
a été introduit dans la langue française par Littré
en 1867.
La religion chrétienne
n'a pas d'origine juive, même si des pré-chrétiens ont
procédé, à partir de l'entrée de l'administration romaine
à Alexandrie, en 30 avant notre ère, à une lente découverte
de
la Loi judéo-alexandrine dite la "Septante". Déclarer
au surplus que la religion chrétienne résulte
d'une " révélation divine ", illustre une croyance individuelle
et collective, mais n'établit aucune vérité historique,
et nie de surcroît la maturation séculaire qui aboutira
au IVème siècle de notre ère
à la création d'une religion d'Etat par Constantin pour
favoriser l'unification de l'Empire romain.
Pour comprendre comment
les questions de chronologie chrétienne se sont posées,
il convient assurément de tracer d'abord à grands traits
l'histoire des origines de la religion chrétienne, que
nous pouvons décomposer en trois grandes périodes
B - UNE PREHISTOIRE CHRETIENNE

Cette période va du lendemain
de la défaite de Spartacus (-71) à environ 150 de notre
ère. Les premières victoires de Spartacus avaient eu
le temps de se répercuter jusqu'aux limites des possessions
romaines. L'écrasement final stupéfia les esclaves,
leur ôtant tout espoir individuel et collectif de retrouver
une condition d'être humain. Ils redevinrent de simples
outils de production, sans nom, sans droit, sans soins,
sans religion personnelle, sans sépulture convenable
assurant à leurs dépouilles un abri propice à la commémoration
de leur existence terrestre. Mais pour accepter de vivre,
il faut au moins un espoir. La déréliction totale de
la condition servile provoqua avec une haine absolue
des propriétaires romains le développement du banditisme
qui devint sous l'Empire une sorte de contre-pouvoir,
aux dires d'Apulée dans ses "Métamorphoses ". Surtout,
les imaginaires brutalisés créèrent les types les plus
divers de Sauveurs, les illusions eschatologiques les
plus vives de victoire finale sur les oppresseurs,
de "Jugement dernier " donnant à chacun la fin méritée.
La perspective de ces lendemains imaginés glorieux était
d'autant plus spontanée que Spartacus, de son vivant,
avait fait l'objet d'un culte personnel authentique,
qu'il avait disparu du champ de la dernière bataille
et que chacun pouvait escompter
son retour pour apporter un jour à son peuple une liberté
totale.
Cet ébranlement psycho-sociologique
fut de première grandeur, parce que Rome pendant 2 ans
avait été directement menacée par les rebelles; la révolte
dura assez longtemps pour que la totalité des esclaves
ait pu en être informée. Enfin, la barbarie inouïe de
la répression ajouta l'amertume la plus noire au désespoir
le plus inhumain.
Les esclaves formés aux
lettres dans les paedagogia d'Octave, et envoyés à Alexandrie
(à partir de -30) comme "employés aux écritures " de
l'Administration octavienne participaient certainement
à ce climat eschatologique de revanche. Ils découvrirent
progressivement en lisant
la Septante que d'autres avant eux avaient connu une
oppression aussi lourde et des sentiments analogues.
La Septante leur semblait raconter leur propre histoire
sous d'autres noms et d'autres appellations jusqu'au
salut promis par un Dieu innomé. La religion a toujours
été primordialement le langage inventé par des hommes
pour effacer leurs peurs, leur désespoir, leurs difficultés
de vie; elle incarne des phénomènes inconscients de
compensation aux angoisses vitales dues à l'environnement
naturel ou économico-politique, ou culturel. Il
se développa chez ces esclaves lettrés une affection
pour ce livre qui décrivait si bien leurs états d'âme.
Ils en parlèrent autour d'eux, expédièrent des copies
à Rome, traduisirent en latin quelques pages saisissantes;
bref, le Livre devint au bout de plusieurs dizaines
d'années un témoin d'identité et un lien entre les diverses
collectivités serviles, qui cultivèrent, chacune de
son côté, l'image d'un Sauveur inconnu diffusée par
des adeptes illuminés, animés par une croyance plus
vive, que l'on appelait des " prophètes ".
Mais de ce magma anarchique
deux faits importants devaient surgir et s'imposer :
-
D'une part, le Sauveur dont les prophètes parlaient
était une personne caractérisée par une éternelle présence;
on ne pouvait l'imaginer mort et encore moins torturé
sur une croix; c'était le résultat maintenant bien connu
d'une oralité triomphante analysée par W.Kelber dans
son livre " Tradition orale et Ecriture ". Vraisemblablement,
quelques notes aussi ont été écrites, ici ou là , pour
résumer une intervention particulièrement frappante
d'un prophète décrivant par exemple des miracles du
Sauveur , présent et agissant.
-
D'autre part, parmi ces " prophètes ", une figure exceptionnelle
se distingua du nom
( ou sobriquet ) de Chrestus, dont se réclamaient les
esclaves cités par Suetone, provocateurs et agitateurs
occasionnels à Rome, sous le principat de Claude (41
-54). Comme on comptait parmi eux un nombre important
d'esclaves d'origine juive, Claude expulsa les Juifs,
libres, hors de la ville. De plus en plus d'esclaves
se déclarèrent des fidèles de Chrestus comme de plus
en plus nombreux se lièrent d'affection pour le Livre
qui en décrivant parfaitement leur situation précisait
leur identité de personnes humiliées et leur faim de
revanche.
Cette
conjonction se conclut d'une double manière:
-
Les affidés de Chrestus ( esclaves et prolétaires
)devinrent communément les Chrétiens. Cette appellation
caractérisait sous Trajan (98 -117) toute personne opposée
à l'ordre Romain; elle désignait un séditieux passible
de la peine de mort, si l'individu interpellé se reconnaîssait
comme Chrétien.
-
Les esclaves n'étaient pas les seuls à être opposés
à Rome, il existait des citoyens de villes ou pays envahis
par les armées romaines, décidés à manifester leur hostilité
et qui devinrent de nouveaux Chrétiens. Parmi eux de
véritables savants, tel Marcion de Sinope sur la Mer
Noire , cherchaient à préciser ce que l'on pourrait
appeler une nouvelle théologie du Salut, par opposition
au polythéisme romain. Marcion , quant à lui, vint à
Rome en 139 pour proposer sa doctrine à la plus importante
communauté chrétienne. Les discussions durèrent environ
5 ans, à l'occasion desquelles Marcion démontra à ses
auditeurs que leur Sauveur existait hic et nunc, qu'il
était éternellement présent et n'avait rien de commun
avec les personnages dont la Septante racontait l'histoire.
Il les exhorta à abandonner ce Livre dont ils affectionnaient
la lecture. Ses jugements tenaient à ses origines familiales;
il ne pouvait comprendre , lui, héritier d'une riche
famille, l'attachement si profond d'esclaves à cette
lecture. Il fut finalement rejeté par la communauté
romaine vers 144; la Septante fut définitivement acceptée,
elle devint le premier livre chrétien par référence
auquel tout évangile a été écrit
La préhistoire chrétienne
se termine sur cette appropriation définitive de la
Septante, concomitante à la disparition en 135
de tout Etat juif après l'échec de la révolte de Bar
Kochba. Jérusalem s'appela désormais Aélia Capitolina;
les rabbis judéens de Palestine pour leur part abandonnèrent
cette écriture grecque alexandrine, qui pour eux n'avait
jamais fait partie de leurs Livres Sacrés.
Pour compléter ce
premier examen on ne saurait minimiser la violence qui
soulevait le mouvement chrétien. Elle se manifestait
certes à l'égard des autorités romaines, promptes à
sévir quand elles étaient persuadée de leur bon droit.
Elle se manifesta vraisemblablement aussi dans les relations
des communautés entre elles, qui se trouvaient presque
naturellement en compétition. L' ouvrage attribué à
Origène, intitulé " Contre Celse ", apporte à cet égard
un témoignage crédible d'atrocités commises par des
chrétiens contre des chrétiens.
C - UNE PROTO-HISTOIRE CHRETIENNE
Cette période s'étend de
150, environ, de notre ère, au triomphe de Constantin
du 28 Octobre 312. Ce fut une époque de bouillonnement
intellectuel, mais la caractéristique essentielle resta
l'organisation hiérarchique des Collegia chrétiens à partir
de 212; c'est par ce premier point que nous commencerons
cette enquête.
Il existait primitivement
au bénéfice des citoyens de Rome une législation leur
permettant de se regrouper en associations de toute sorte
pour développer entre eux, par la mutualité et la solidarité,
leur concitoyenneté. Cette législation fut, au premier
siècle de l' Empire , étendue à toute l'Italie; puis Septime
Sévère (193 -211) l'instaura dans toutes les provinces
impériales. La révolution en ce domaine vint d'un décret
pris en 212 par Caracalla, fils de Septime Sévère; il
accorda la citoyenneté romaine à tous les hommes libres
vivant dans l'empire. Tous les hommes libres "chrétiens
", d'où qu'ils soient, des humiliores essentiellement,
purent donc se retrouver dans des Collegia organisant
entre eux et leurs esclaves une mutualité générale permettant
aux pauvres de recevoir, avec les aides matérielles dont
ils avaient besoin, l'assurance d'une sépulture convenable
dans des catacombes ou autres lieux appropriés acquis
par leurs associations. Les riches en contrepartie obtenaient
un pardon plus facile pour leurs fautes.
Les réunions des affidés
chrétiens durent se structurer et, pour être tolérées
par les autorités impériales, perdre également toute allure
insurrectionnelle. Peu à peu, ces assemblées se transformèrent
en pratique d'un culte privé autorisé (ce fut la période
dite de " petite paix " de 212 à 250 )
à une double condition:
-
La première:
Chaque Collegium devait
élire un épiscopus responsable sur sa tête de la discipline
du groupe; cet épiscopus, ou évêque, fit le lien entre
son association et l'administration impériale; de ce fait,
il ne fut jamais un esclave, rarement un riche affranchi,
pratiquement toujours un honestior; il fallait parler
le même langage que les Administrations.
-
La seconde :
Chaque réunion de Collegium
devait se terminer par une prière pour la prospérité de
l'Empire et la bonne santé del'Empereur.
Cette véritable intégration
dans la vie quotidienne de l'Empire résista à toutes les
tempêtes créées par ce qu'il est convenu d'appeler les
" grandes persécutions " ( celle de Dèce en 250, de Valérien
en 257, de Dioclétien en 303 ); si bien que les Collegia
chrétiens, nombreux dans les grandes cités de l'empire
, Rome, Carthage, Alexandrie, Antioche , formèrent une
sorte de parti monolithique et hiérarchisé,
seul de son espèce, sans aucune concurrence de cette nature
dans les religions dites païennes
. A la fin, vers 312, il se présenta
au regard de Constantin, victorieux mais hanté par la
réalisation de l'unité de l'Empire, comme le seul moyen
de la cimenter; il fit de la religion chrétienne, qui
se transforma peu à peu en christianisme, son administration
religieuse, et de chaque évêque un agent de cette unification.
Ce fut certainement l'événement
socio-politique le plus important des origines chrétiennes,
conséquence d'une sorte de " trahison des clercs ", des
" lettrés " chrétiens issus des paedagogia de l'Administration
de l'Empire; pour garantir les avantages de leur statut
obtenus au bout de trois siècles
de labeur, ils préférèrent pactiser avec un Empereur romain,
leur antique ennemi, lui apporter l'appui efficace de
leurs organisations contre la cessation définitive des
persécutions, une introduction parmi les religions officielles,
puis bientôt la reconnaissance de leur culte comme seule
religion d'Etat.
La persécution de Dioclétien les avait trop profondément
traumatisés.
Mais la période que nous
analysons réserve encore bien d'autres traits saisissants.
Les traductions latines de la Septante se multiplièrent;
les veteres latinae garnirent les rayons des bibliothèques
des communautés, l'amour du texte grandit; l'appropriation
se fit décisive; les Chrétiens finirent par se croire
les nouveaux Juifs, les véritables destinataires des messages
divins aussi sacrés pour eux qu'ils l'avaient été pour
les Judéo-Alexandrins d'autrefois. Leur Sauveur devint
celui qui était annoncé par le Livre.
Il y eut donc une inversion
de leur croyance. Le Sauveur n'était plus celui dont on
parlait
avec les " prophètes "; le Sauveur accomplissait désormais
les Ecritures. La Foi n'était plus croyance dans des paroles;
la Foi se mua en croyance dans des livres, comme en témoigne
nettement, dans ses ouvrages après 250, Cyprien, pape
de Carthage. L'oralité, autrefois triomphante, partage
d'émotions et d'images provoquées par les dires et les
gestes des "prophètes" leurs mises en scène leurs
mimes et leurs chants, se transforma en lecture de livres
sacrés par dessus les têtes de foules illettrées, lecture
accompagnée de commentaires de l'évêque. De la participation
active, on passait à la caporalisation des fidèles, conséquence
immédiate de l'organisation des Collegia hiérarchisés.
L'évocation de ces assemblées obéissantes nous conduit
à préciser les points suivants:
-
Dans le climat d'anarchie de cette période, ( en 50 ans,
de 235 à 284, vingt empereurs se succédèrent ) la croyance
chrétienne s'affirme comme une eschatologie, l'espérance
d'une prochaine fin du Monde, l'espoir très vif du Jugement
dernier. Cyprien va au-devant du martyre le 14 Septembre
258 pour obliger en quelque sorte son Dieu à se manifester
sur Terre afin de venger les siens, morts torturés par
l'ennemi; ces martyrs sont sous les autels et crient:
" Quand viendras-tu ? " Cyprien leur recommande une provisoire
patience.
-
Ce climat très pessimiste s'accompagne d'un affrontement
des communautés entre elles, à propos de tel rite, de
tel sacrement ou de telle croyance particulière. Cyprien
s'oppose violemment par écrit à l'évêque de Rome, Etienne,
à propos de la question du double baptême après
les schismes consécutifs à chaque persécution; les deux
évêques vont jusqu'à s'excommunier mutuellement.
Il n'y a pas une Eglise, mais des Collegia doctrinalement
concurrents.
-
La volonté de puissance de chaque évêque s'exprime aussi
par l'exclusion des hérétiques.
Qui détient la vérité ? Celui qui pourra le plus fréquemment
se référer à la Septante, dont il donnera l'interprétation
la plus percutante; l'allégorie triomphe. Depuis Irénée,
tout au début du 3ème siècle, la chasse à l'hérésie devient
une préoccupation majeure, dont les gnostiques alexandrins
et autres fourniront les victimes les plus connues, après
Marcion, Montan etc.. Finalement la loi du nombre et la
notoriété de la Capitale joueront en faveur de la communauté
romaine qui imposera sa doctrine comme l'orthodoxie. La
La doctrine religieuse
chrétienne de cette période reste souvent difficile
à saisir. Les aspérités bourrues d'une personne comme
Tertullien ne sont pas de nature à nous en faciliter
la compréhension.
Au milieu du 3ème siècle, Cyprien écrira à son ami Donat
pour l'inciter à partager sa nouvelle croyance religieuse
, mais ne parlera pas une seule fois du Christ. Avant
lui, Minucius Felix, dans son Octavius , voulant faire
l'apologie de sa religion chrétienne, n'avait évoqué
ni le Christ, ni la Septante, ni les Evangiles, ni les
Apôtres, selon l'analyse de Gaston Boissier dans son
livre sur " La fin du paganisme ".
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DIOCLETIEN ( 284 / 305 )
Restaurateur de L'Empire Romain. |
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Il reste, comme donnée
historique , les persécutions de Dioclétien déclenchées
en 303. Ce fut d'abord une action de censure tendant
à la destruction totale des livres sacrés chrétiens,
qui s'opposaient à l'extension du culte impérial.
Cette censure, suivie de la torture et de la mort
des gardiens de ces livres qui refusaient de les
remettre, s'exerça durant dix ans en Occident et
vingt ans en Orient. Cette destruction massive fut
d'autant plus réussie que les Collegia chrétiens
étaient parfaitement connus et surveillés par l'Administration.
Les bibliothèques les plus importantes, comme celle
de la communauté romaine, furent entièrement détruites.
Seuls, subsistèrent quelques ouvrages détenus par
de très petites communautés isolées, en Afrique
du Nord par exemple. En fait, tous les livres saints
connus aujourd'hui ont été pratiquement composés
après Dioclétien alors que la victoire de Constantin
au pont Milvius le 28 Octobre 312 allait transformer
la religion chrétienne en Christianisme, c'est-à-dire
en une divinisation de l'Empereur. L'arrêt de toute
persécution valut à Constantin d'être béatifié
par les Alexandrins, malgré ses crimes de sang abominables
à l'encontre de sa propre famille. Cependant, Dioclétien
laissa une telle empreinte dans les mémoires par
son action rénovatrice à la tête de l ' Empire et
son retour délibéré en 305 à l'état de simple citoyen,
que son accession au Principat en 284 devint le
point de départ d'une ère de Dioclétien ; elle fut
utilisée pour dater les années jusqu ' en 247 après,
jusqu'à ce que Denys le Petit, dans ses calculs
de la fête de Pâques,décida de remplaçer l'an 248
de Dioclétien par l'an 532,
l'an 28 de l'Empire d'Auguste devenant une année
de référence. |
D - L'AVENEMENT HISTORIQUE DU
CHRISTIANISME
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CONSTANTIN ( 307 / 337 )
Fondateur du Christianisme |
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Le
chrisme aurait été inventé par Constantin à l'occasion
de la bataille du pont Milvius; il aurait raconté
plus tard à son entourage, dont Eusèbe de Césarée,
que ce sigle lui était apparu en rêve durant son
sommeil comme devant lui garantir la victoire s'il
le manifestait sur les enseignes de ses troupes
etc.. Peu d'années auparavant, alors que Constantin
guerroyait en Gaule, une vision d'Apollon dans son
sommeil lui avait valu la victoire. Aurélien, en
272, campant près d'Emèse en Syrie lors de son expédition
contre Zénobie reine de Palmyre, avait lui aussi
été gratifié dans son sommeil d'une vision du Sol
Invictus, le dieu d'Emèse, adoré autrefois par Héliogabal;
il avait obtenu avec la victoire de pouvoir rétablir
l'Empire romain dans ses anciennes frontières orientales.
Toutes ces versions
de rêves prémonitoires relevaient en fait de très
vieilles traditions rappelées par l'Hermes Trismégiste,
suivant lesquelles un Prince : roi ou empereur,
étant de naissance divine et, plus précisément,
le dernier ( né ) des dieux et le premier
des hommes, bénéficiait d'avertissements spécifiques
du fait de cette origine.
Plus pratiquement,
le chrisme, dans la perspective d'une bataille confuse
entre gens vêtus et armés à l'identique, constituait
un signe de ralliement pour les troupes de Constantin,
qui restèrent groupées et purent bousculer l'adversaire.
De surcroît, Christos (oint de Dieu) attestait la
personnalité "Auguste " de Constantin; en conséquence
celui-ci frappa du sigle KI-RHO ses médailles, monnaies
etc... |
Postérieurement, en 324,
Constantin devint le seul maître de l'Empire; la légende
précisa qu'il était
ô Christos, le seul oint du Dieu unique, effaçant d'un
coup les rivalités entre les nombreuses divinités du
Panthéon gréco-romain, de telle sorte que Constantin,
seul représentant terrestre du Dieu unique, incarnait
le pouvoir légitime dans l'Empire, aussi bien sur le
plan politique que religieux.
L'Edit de Milan, nouvelle
Capitale, fut publié en 313; il fit cesser officiellement
la persécution en Occident et autorisa les Chrétiens
à pratiquer publiquement leur culte. Peu après en 314,
Constantin réunit quelques évêques à Arles pour tenter,
en vain, de résoudre le problème soulevé par le donatisme
carthaginois relatif aux conditions du retour des lapsi
dans leurs communautés d'origine. Action
beaucoup plus importante, il décida de se fixer en Asie
Mineure comme Dioclétien ; il créa la ville de Constantinople
et convoqua dans ses environs à Nicée , en 325, le premier
Concile ocuménique
pour résoudre la querelle arienne, qui minimisait sa
qualité "divine " ; ce Concile fut
véritablement
la prise de conscience de l'Eglise, catholique et apostolique,
de son unicité dans ses diversités orientales et occidentales;
ce fut la proclamation révolutionnaire du Dieu Unique
dans sa Trinité; de l'incarnation du Fils (sans précision
ni de date ni de lieu), de ses souffrances d'homme (il
n'est pas question d'une mort sur une croix), de sa
résurrection et de son ascension (sans aucune référence
historique). Les décisions ou canons du Concile furent
promulguées par Constantin comme des lois de l'Empire.
Constantin devint d'autant
plus aisément le chef incontesté de l'Eglise catholique,
que les nouveaux "textes sacrés" composés
après 313 identifiaient leur Sauveur avec l'Empereur.
L'évangile dit de Marc (VIII-27/30) pousse Pierre à
reconnaître en son Sauveur " ô Christos " l'oint de
Dieu ce qui n'a guère de sens dans le contexte de l'Ecriture.
Puisque ce Sauveur, Fils du Dieu Unique, engendré et
non créé,
égal à son père en tout, participe à chaque action de
la Trinité, à quoi cela servirait-il que Dieu fût béni
par lui-même ? Par ailleurs dans les Evangiles, aucun
Grand Prêtre ni Prophète ne vient, à aucun moment,
oindre d'huile sacrée l'homme Jésus. Celui-ci à
sa naissance reçoit les offrandes de Mages chaldéens,
prêtres du Dieu solaire Mithra; Jésus est également
acclamé par des bergers, compagnons habituels de cette
divinité au moment où elle naît d'une grotte ou d'un
rocher. L'homme Jésus est donc décrit comme le nouveau
Mithra, le nouveau Soleil (Néos Hélios, étymologie de
Noël), titre appartenant en propre aux Empereurs romains.
L'identification était sans équivoque, d'autant plus
nette que Pierre s'exprimait dans le voisinage immédiat
du célèbre temple de Pan à Césarée de Philippe,
nouvelle dénomination de la ville de Panias ou Panée:
Pan était le dieu berger; traditionnellement, depuis
au moins deux millénaires, tout Prince régnant
: roi ou empereur, était salué comme le berger de son
troupeau, de son peuple. (1)
Pratiquement,
que vaut une citation littéraire pour des foules illettrées
? Il importait à Constantin de mettre en oeuvre
d'autres moyens pour fidéliser les communautés chrétiennes
et les conduire à se laisser christianiser.
Cette fidélité fut achetée par les très nombreuses
subventions de toute sorte dont Constantin gratifia
les diverses communautés; la construction de Collégiales
ou Basiliques (maisons de l'Empereur), richement dotées,
vint compenser les dommages subis pendant la persécution
de Dioclétien.
Constantin eut l'habilité
politique de comprendre à quel point les Chrétiens
étaient attachés à la Septante, et se voulaient
les nouveaux élus. Il leur concéda, après leur appropriation
du Livre consécutive à l'expulsion de Marcion
de Rome,en 144 , celle toute virtuelle d'une véritable
Patrie, la Palestine. Dans Jérusalem, devenue ainsi
leur Capitale spirituelle, il fit abattre les temples
dressés autrefois par Hadrien, pour édifier sur leurs
ruines des monuments érigés à la gloire du Dieu
Unique, du Christ Roi. Toutefois, ces nouveaux Palestiniens,
par le coeur, ne furent jamais assimilés à des
Judéens; ils furent dénommés Galiléens. Ainsi
s'édifièrent les Lieux Saints et s'ouvrit la route des
pèlerinages.
Pour le reste, outre les
traitements de faveur accordés aux évêques et la mise
à leur disposition des services publics, notamment
la poste impériale pour faciliter leurs déplacements,
Constantin possédait suffisamment d'esprit pratique
pour savoir que la vie quotidienne de son Empire dépendait
directement de la bonne volonté de son Administration,
non pas des dirigeants honestiores, mais des
35.000 esclaves qui globalement assuraient la marche
régulière des bureaux. Maintenir les salaires et autres
avantages attachés à leur statut, proscrire toute
nouvelle persécution anti-chrétienne pour garantir leur
tranquillité, se présentaient comme des conditions impératives
pour la réalisation de l'union politique si ardemment
voulue par Constantin devenu le seul Maître de
l'Empire.
La religion
chrétienne se christianisa et devint donc religion grecque
(ô christianismos) c'est-à-dire culte de Constantin,
unique représentant du Dieu Unique dans son Empire en
voie d'unification. Cela rappelait à la mémoire
des érudits le culte promulgué autrefois à la
gloire d'Alexandre le Grand.
Le "Constantin" de l'église
Saint Hilaire à Melle.
Les chrétiens , originellement insoumis, se
muèrent en troupes dont l'obéissance absolue
au Maître constituait l'essentiel de leur religion,
malgré les crimes commis par ce dernier, dont on ne
sait pas avec certitude si, à sa mort en 337, il avait
été baptisé. Eusèbe de Césarée, par sa " Vie de Constantin
" contribua beaucoup à la déification de celui-ci qui
jusqu'à la fin de la période romane du Moyen Age (12ème
siècle) fut honoré par les "fidèles" comme
le fondateur de l'Eglise catholique. De nombreuses églises
romanes, en Poitou, Charente, Alpes de Provence etc
..., portent au-dessus de leurs porches,
par où les foules circulaient, d'imposantes statues
équestres appelées des "Constantin ", auxquelles
Emile Male a consacré dans son " Art religieux du 12ème
siècle en France ", des pages d'une érudition émue.
Le christianisme fit
de ses "fidèles" de véritables quêteurs de
servitude, trouvant dans celle-ci
la quiétude de l'irresponsabilité; si bien que, même
de notre temps, dans les années 1910, à Montbenoît,
commune du Haut-Doubs, les habitants, reconstruisant
le clocher-porche de leur église abbatiale
(enrichie d'un reliquaire des Rois Mages !) rétablirent
sur celui-ci la statue équestre du Sieur de Joux , autrefois
maître de la région, dont le portrait sculpté sur bois
trône encore dans le choeur du sanctuaire.
Le Maître resta un Dieu,
pour la raison que, une fois disparue en 363 la dynastie
constantinienne, le Christ-Roi demeura la source du
pouvoir, de tout pouvoir, comme le dit clairement l'Epitre
aux Romains d'un Paul légendaire (XIII -1 à 7) : "
Omnis potestas a Deo ". La figure ressemblante du Sauveur
est le Seigneur-Maître dont on dépend pour vivre, auquel
le christianisme fait aux fidèles l'obligation d'obéir.
La volonté de puissance
des évêques-aristocrates se trouva activée encore par
la décision de 382 du jeune Empereur d'Occident Gratien
fils de Valentinien 1er; il désacralisa complètement
sa fonction en abandonnant le titre de Pontifex Maximus
à la demande d'Ambroise, ancien gouverneur de l'Italie
du Nord, devenu évêque de Milan,et dernier rejeton d'une
lignée clarissime très ancienne, la GENS des AURELII,
dont était issu l'Empereur Aurélien .
Ce titre fut repris dans les années 440 par Léon 1er.,
pape de Rome. Ambroise, en 390, fit s'agenouiller devant
lui le grand Empereur d'Orient Théodose 1er.
auquel il accorda le pardon du génocide commis à Thessalonique
par sa troupe, suite à une loi
" christianiste " sur l' homosexualité. Théodose décréta
en contrepartie l'interdiction d'exercer les cultes
familiers au profit du seul culte du Christ-Roi. Une
véritable " révolution culturelle " menée par les évêques
de toutes les cités impériales conduisit à la persécution
sanglante des honestiores attachés à leurs cultes ancestraux;
persécution illustrée par l'étripage horrible d' Hypatie,
une philosophe
d' Alexandrie, crime exécuté par Pierre le lecteur de
l'évêque (saint ?) Cyrille, Père de l'Eglise catholique
dont la complicité en cette action éclatait aux
yeux de tous. Des bataillons de moines illettrés, vêtus
de noir, tuèrent sous les ordres des évêques, brûlèrent
maisons et bibliothèques, dans leur haine de la philosophie
néo-platonicienne la plus élaborée. L'Eglise catholique
se manifesta à partir de ces siècles d'horreur comme
une force de répression sans défaillance, parfaitement
décrite par R.MacMullen dans son ouvrage " Christianisme
et paganisme du 4ème au 8ème siècle ". La fermeture
définitive de l'Académie d'Athènes en 529 par Justinien
et l'expulsion des derniers néo-platoniciens illustrent
tragiquement le sectarisme de cette répression toujours
actuelle, malgré un langage ecclésiastique melliflu.
Le Christ-Roi devient
par le zèle des évêques un Dieu puissant, le Dieu des
armées,
c'est-à-dire un Dieu jaloux, rancunier, assoiffé de
vengeance, composant avec le sang
de ses ennemis ou autres innocentes victimes les antiennes
psalmodiées en ses temples
prônant le pardon des fautes et l'amour du prochain
( ? ).
Le seul exercice de la
force ne saurait, quant au fond, apporter à lui seul
une modification significative. Déjà, le 25 Décembre
335, la première christianisation de la fête du Sol
Invictus s'était produite par un simple changement de
dénomination: Christ, fils du Dieu Unique, lumière de
lumière, venait se substituer à Apollon, Mithra et autres
divinités solaires, mais sa naissance au solstice d'hiver
restait toute symbolique. L'incarnation effective dans
un corps d'homme, affirmée par le Concile de Nicée,
trahissait une concession à la mentalité de la masse
servile. Celle-ci n'ayant qu'un corps pour seul bien
ne pouvait imaginer une réalité divine différente d'elle
et réduite à une seule idée, à un pur symbole.
Le Christianisme, se voulant
totalitaire et unique, dut donc finalement composer
avec les diverses croyances du temps et se construire
en les syncrétisant dans un nouveau contexte rituel.
Ce fut notamment le cas
pour le culte de Cybèle et Attis, culte extrêmement
populaire depuis la fin du 3ème siècle avant notre ère:
introduit à Rome en 204 avant notre ère, il lui
avait valu la victoire sur Carthage, après les ravages
causés en Italie par Hannibal durant la deuxième guerre
punique. Ce culte se manifestait annuellement à la semaine
Sainte du 18 au 25 Mars, où l'on répétait, après beaucoup
d'autres cérémonies, l'ensevelissement d'Attis sur le
pin sacré, sa croix, et sa résurrection au 3ème jour,
jour des hilaries. Malgré les interdictions de l'Empereur
Théodose, le culte se maintint jusqu'en 415;
il s'agissait d'une pratique glorifiant à l'équinoxe
de printemps la fécondité lunaire célébrée depuis la
plus haute Antiquité sous diverses formes, tant en Mésopotamie,
Syrie, Phénicie, Phrygie qu'en Egypte ...
Il suffit d'une ou plusieurs disettes ou famines survenant
dans l'Empire au cours des années suivantes pour rappeler,
après 415, la nécessité, pour vivre, de ce culte ancestral.
Aussi bien, le Concile
de Chalcédoine en 451 introduisit pour la première fois
dans la doctrine de l'Eglise, un Christ en croix, comme
successeur effectif d'Attis, poursuivant ainsi l'absorption
par ses pratiques rituelles des anciennes divinités
tutélaires. Le culte christianisé de la croix naquit
au milieu du 5ème siècle seulement.
Un Concile tenu à Constantinople
en 692, in trullo (sous la Coupole), ordonna pour sa
part de ne représenter désormais Christos que sous une
forme humaine.
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Reliquaire de la Sainte Croix
( 12ème siècle ). |
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Il nous faut souligner
quel poids de terreurs peurs et angoisses devait
peser sur les consciences pour que le Christianisme,
à peine né, se perdit dans une folle recherche de
reliques, restes supposés de personnages déclarés
"saints " ou " martyrs " , leur âme séjournant en
vue du Christ, et priés suppliés d' intervenir comme
de glorieux protecteurs au bénéfice de leurs fidèles,
qui leur réservaient un culte au moins aussi fervent
qu'à celui du Christ-Roi. Aucune relique
ne fut plus recherchée, plus estimée, plus chère
à acquérir que celle dite de la vraie croix. Son
invention releva de la pure légende puisque aucun
évangile n'a relaté soit la mise au tombeau de la
croix du supplicié supposé - elle n'aurait pu y
entrer vu ses dimensions - soit la découverte d'une
croix dans le tombeau du Christ après sa résurrection.
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Les récits de la découverte par l'impératrice Hélène
mère de Constantin - personne de grand âge à l'époque
peu capable de voyager (2)- ou par
l'impératrice Protonice femme de l'empereur Claude,
dans la légende du roi Abgar d' Edesse, parlent d'amulettes
sous forme de croix, telle la croix ansée
qu'on portait en Egypte depuis au moins deux millénaires.
Personne, à vrai dire, n'a jamais vu
cette " vraie croix " en dehors des moines qui,installés
postérieurement à Jérusalem, la détaillaient,
au prix fort, en assurant qu'elle se reproduisait d'elle-même
miraculeusement.
Un peu plus tard, on tuera
pour voler le corps supposé d'un apôtre supposé. On
fit commerce de tout, même d'os de lapins vendus comme
reliques de Rois Mages. On organisa des pèlerinages
vers les sanctuaires richement dotés pour présenter
à la dévotion populaire, contre une participation financière,des
" restes " aussi " saints " que le cordon ombilical
du Christ, son prépuce , ou la cire de la bougie allumée
à sa naissance. Peu importait l'objet; la foi permettait
de sublimer en espoirs les peurs
et angoisses des fidèles par ces gestes, exutoires.
Ces trafics dégradants se répandirent jusqu'à nos jours,
mystifiant la crédulité d'un peuple naturellement superstitieux
et affamé de magie. Vint s'y ajouter le commerce de
l'assurance-vie chrétienne conduisant les plus fortunés
des " croyants " à penser obtenir,
à leur mort, une plus grande clémence divine pour leurs
fautes, en achetant par donations en tout genre les
bons offices et prières de moines ou desservants de
sanctuaires, pour une période post-mortem déterminée
par l'importance de la somme versée. Le Christ-Roi était
aussi le Dieu de la Fécondité, donc de la richesse;
il était juste que ses prêtres, ses serviteurs, ayant
ou non fait voeux de pauvreté, accumulassent dans leurs
demeures et temples cette richesse, manifestation de
sa divinité.
Deux faits majeurs marquent
la fin de cette période historique de l'avènement du
christianisme
-
D'une part, en 622, l'éclosion de la religion islamique.
Ses armées se répandirent très vite, non seulement en
Orient mais aussi en Afrique du Nord et en Espagne,
poussant différents raids jusqu' en Gaule. Jérusalem
fut prise en 638, Alexandrie en 642. Les pirates musulmans
tinrent des places fortes en Italie Centrale et Méridionale
jusqu'au 10ème siècle. L'Empire romain d'Orient fut
très diminué, assiégé dorénavant à l'Est et au Sud par
des forces ennemies; il fut vaincu sous le règne du
dernier Constantin,
à la date marquant conventionnellement la fin du Moyen
Age le 29 Mai 1453. La religion catholique se réduisit
à la seule population européenne, privée de support
en Afrique du Nord, Egypte Syrie, Perse etc.
- D'autre part, à la fin du 6ème siècle, l'intrusion
des Lombards en Italie du Nord. Après les ravages des
Wisigoths en 408 et 410 (sac de Rome), des Huns en 452,
des Vandales en 455 (2ème sac de Rome) et de Ricimer
en 472 (3ème sac de Rome), la fin de l'Empire d'Occident
en 476, l'intervention des Ostrogoths venus battre,
à Ravenne, Odoacre roi d'Italie, les incursions des
Lombards dès la fin du 6ème siècle marquèrent l'effacement
en Italie de l'Empire romain d'Orient. Celui-ci peina
à afficher sa suprématie après la mort du roi Théodoric
en 526 et l'installation d'un vice-roi à Ravenne délégué
de l'Empereur de Constantinople en 540.
Les poussées des Lombards
finirent par déborder largement l'Italie du Nord, inquiétèrent
les Romains à plusieurs reprises. Rome, après les campagnes
de Bélisaire, était devenu un duché de l'Empire d'Orient;
son duc nommé par Constantinople fut parfois simultanément
l'Evêque de la ville, ancienne Capitale-Musée; ce fut
le cas de Grégoire dit Le Grand (590 -604), membre d'une
très ancienne famille
de la noblesse romaine; son père Gordien était l'arrière
petit-fils de Félix IV pape de Rome; Grégoire fut le
premier à exprimer sa volonté d'aboutir à un gouvernement
universel des âmes, et par là des corps.
Finalement, en 750, les
Lombards chassèrent le vice-roi de Ravenne et menacèrent
directement les Romains. L'évêque Etienne II ne pouvait
espérer un secours efficace de Constantinople ; il vint
en Gaule solliciter le patronage de Pépin le Bref, qui
le reçut dans son domaine de Ponthieu, début Janvier
754. Etienne II demeura en l'Abbaye de Saint-Denis plusieurs
mois, en profita pour oindre de l'huile sacrée Pépin
le Bref, et prit le chemin du retour escorté d'une forte
armée qui défit les Lombards.
Instruit par la (fausse)
donation de Constantin à Sylvestre 1er. qui aurait guéri
l'Empereur
de la lèpre , émerveillé par la lettre que l'Apôtre
Pierre porteur des clés du Ciel lui adressait personnellement
par l'intermédiaire d'Etienne II en 756, Pépin le Bref
attribua à ce dernier et à ses successeurs un véritable
royaume comprenant avec le duché de Rome quelques contrées
italiennes.
Ainsi naquirent les Etats Pontificaux, sous le souffle
d'un Esprit Saint qui sut si efficacement inspirer d'authentiques
faussaires, stigmatisés à notre époque par Mgr .Duchesne
dans son ouvrage
sur "Les premiers temps de l' Etat Pontifical "
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| LORENZO VALLA |
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La fausseté de la
Donation de Constantin a été scientifiquement
prouvée par Lorenzo Valla en 1440, mais dans le
palais du Vatican on créa une salle de Constantin
achevée en 1524; ses fresques rappelaient à tous
que Constantin avait offert Rome au Pape, dont
la volonté de puissance le poussait à se prétendre
le premier en tout.
Selon la légende, les Muses pleurèrent
à la mort de Lorenzo Valla , célèbre
humaniste du 15ème siècle . Son
ouvrage le plus important fut un livre rédigé,
en 1440 :
" SUR LA DONATION DE CONSTANTIN
, A LUI FAUSSEMENT ATTRIBUEE , ET MENSONGERE .
"
Il illustrait cette réflexion qu'un
faux répond presque toujours à un
besoin, en l'occurence un besoin profond de la
papauté. Sa conclusion, cruelle, s'exprimait
ainsi :
"Il n' y a plus nulle
part ni religion, ni sainteté , ni crainte
de Dieu ;
...les impies trouvent auprès du pape l'excuse
de leurs crimes . "
Il faut, toutefois , rappeler qu ' Otton III dénonça,
en 1001 , la fausse " Donation "
avec l'aide de Gerbert d'Aurillac, alors pape
sous le nom prédestiné de Silvestre
II.
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En résumé, l'avènement historique du Christianisme
s'étend sur quatre siècles et demi de 313 à 756.
A l'intérieur de cette époque, on peut distinguer deux
parties pratiquement égales en durée:
-
La première correspond de 313 à 524, à la fin de ce
que l'on nomme habituellement l'Antiquité Tardive, d'après
les travaux notamment de P.Brown.
-
La seconde, de 525 à 756 , marque les débuts du Haut
Moyen Age.
Outre les faits rappelés ci-dessus, divers événements
méritent d'être cité
Dans la première partie :
En 418, les Wisigoths
ariens prirent possession du royaume d'Aquitaine, puis,
après la défaite de Vouillé en 507, refluent en Espagne.
En 457, Victor d'Aquitaine
établit un nouveau comput pascal à la demande de l'Archidiacre
Hilaire qui succéda à Léon 1er. pape de Rome, en 461.
En 496, le Christianisme
se diffuse en Gaule, après le "baptême-conversion" de
Clovis. Le Mérovingien se donna ainsi l'Administration
dont il avait besoin pour renforcer l'avenir de son
royaume. La réunion des Evêques gaulois en 511 à Orléans
sacralisa sa dynastie et confia au Roi le soin de désigner
les titulaires des Sièges épiscopaux.
En 524, la fin de l'Antiquité
Tardive est illustrée tragiquement par la mort de Boèce,
dont
la " Consolation de la philosophie " sera très commentée
au Moyen Age.
Dans la deuxième partie :
.En 525, Denys le Petit
impose à Rome le comput pascal alexandrin, adopté l'année
suivante par le Pape de Rome: Jean 1er. Les calculs
de Denys se perdent après la mort de Jean1er,
en 526.
En 529, Justinien ferme
l'Académie d'Athènes et chasse les derniers philosophes.
En 545 environ, Saint
Benoît invente sa règle monastique au Mont Cassin.
A partir de 555, Cassiodore
bâtit dans son Vivarium en Italie du Sud le premier
scriptorium
du Moyen-Age. Ses " Institutiones " auront plus tard
une grosse influence dans les commentaires des Ecritures
Saintes.
En 587, le roi des Wisigoths
Récarède se " convertit " à Tolède; il obtient ainsi
les mêmes avantages que Clovis au début du siècle.
En 636, Isidore de Séville
meurt après avoir publié son Encyclopédie des "Etymologies
". Isidore est souvent désigné comme le dernier des
Pères de l'Eglise romaine. Il est vénéré en Franche-Comté,
longtemps espagnole, comme le patron des laboureurs,
son nom signifie qu'il est un don d' Isis, manifestation
éclatante de la persistance dans les mémoires des divinités
dites païennes,
qui ressusciteront glorieusement dans les arts de la
Renaissance.
En 735, Bède le Vénérable
meurt dans son monastère britannique; il publia en latin
plusieurs ouvrages remarquables faisant de lui une personnalité
aussi importante que les Pères de l'Eglise. Son livre
" De temporum ratione " reprend les démonstrations oubliées
de Denys le Petit; il sort l'ère de l'Incarnation du
comput pascal, et met en place les fondements d'une
ère chrétienne instituée officiellement
au 17ème siècle en France.
NOTES
( 1 ) - Beaucoup plus tard à
la Renaissance Rabelais dans son 4ème livre assimilera
totalement Pan à Jésus Christ, comme d'autres humanistes
( 2 ) - L'Impératrice Hélène aurait
découvert la vraie croix en 326. Hélène avait environ
72 ans
au moment des faits, la moyenne d'âge à l'époque était
de 35 ans. L'invention de la Sainte Croix a fait beaucoup
plus tard l'objet d'un livre par un moine Alexandre
qui ne parle absolument pas de l'Impératrice Hélène;
c'est l'évêque de Jérusalem Macaire qui aurait reçu
de l'Empereur Constantin l'ordre de déblayer les décombres
de l'ancien temple d'Aphrodite et aurait eu la surprise,
après avoir été gratifié d'une illumination divine,
de rencontrer sans l'avoir cherché, un tombeau dans
le rocher; on l'aurait pris pour le sépulcre du Christ;
on désigna de même, comme étant le bois de sa croix,
un poteau également mis au jour( ? ? )
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