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Cette illustration est tirée de l'évangéliaire
syriaque, dit de RABULA, évêque d'Edesse en Syrie, à
la fin du Vème siècle; elle est datée habituellement
de la fin du VIème siècle. Depuis les années 310, la
croix n'est plus un arbre de supplice, remplacée par
le gibet. Elle reprend ici sa valeur symbolique millénaire:
elle figure l'arbre toujours vert c'est-à-dire la vie
éternelle. L'attitude du Christ, ses vêtements expriment
le triomphe du Dieu de la Fécondité; les clous de la
croix et les coups de lance permettent au sang
du Sauveur d'arroser la Terre, et d'apporter aux hommes,
avec de bonnes moissons, la santé (Salus) c'est-à-dire
le Salut. La symbolique salvatrice est renforcée par
la présence, en haut, à droite et à gauche, du Soleil
et de la Lune, principes de la Fécondité; ils sont associés
à l'opération et figurent
sur les deux croix entourant celle du Dieu.
C' est semble-t-il, la première représentation de la
"Christianisation" des cultes ancestraux de la Fécondité
lunaire et solaire, après le Concile de Chalcédoine
en 451. Elle fut reproduite fréquemment jusqu'au tout
début du XIème siècle; les "grandes faims", les famines
atroces, le retour épisodique au cannibalisme conduisirent,alors,
les paysans à se révolter contre leur Dieu qui n'assurait
plus Sa tâche
de fécondateur; ils détruisirent dans les Eglises, statues
et tableaux le représentant ;
leur Dieu était mort, pensaient-ils, ou tout au moins
endormi. Ses deux acolytes, Soleil et Lune,
devinrent des " brigands "
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