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I - L'Origine "divine" de Constantin
II - La politique religieuse de Constantin
III - Le "Credo" du Christianisme romain
IV -L'absolutisme théocratique de l'Eglise
V - Etat romain

VI - Références Bibliographiques

 

I - L'Origine " divine " de Constantin


constantin
Constantin Augustus
le Sacré, le Saint .
Aux temps de l'Empire, le culte de l'Empereur romain constitua l'élément fondamental de l'unité de cet ensemble aux dimensions considérables, regroupant les populations les plus diversifiées .
La vénération quotidienne de son image parmi les lares de chaque famille, les saluts empressés à ses statues aux carrefours importants des villes, les cérémonies très suivies par les foules dans les temples dédiés à sa personne, les dédicaces, les poésies, toutes les manifestations de ce culte tendaient à obtenir du Maître, dont, en définitive, chacun dépendait, qu'il se transformât en Providence et procurât à chaque citoyen, avec la paix si désirée, tout ce qui pouvait alléger les charges de la vie quotidienne . On savait, depuis la plus haute Antiquité, que le pouvoir avait une origine "divine". l'Empereur était compté le dernier( né )
des dieux ; il n'en demeurait pas moins le premier des hommes ; tout dépendait de lui .
Les prières, les attentions religieuses des citoyens signifiaient leurs angoisses, leurs craintes devant l'existence de chaque jour, leurs besoins de sécurité ; mais aussi leur confiance naturelle dans la personne de l'Empereur, puisque celui-ci était enseigné et dirigé par son père - dieu . L' Empereur était, de par son état, " sacré "c'est à dire "augustus " " Pontifex Maximus " ; il constituait l'intermédiaire entre la terre des hommes et le ciel des dieux .
Obtenir son aide, son secours, suscitait ce culte impérial, qui sur un plan politique assurait, avec le regroupement des citoyens autour de l'Empereur, l'unité et la puissance de l'Empire . Mais il s'agissait de l'Empereur "unique", du Maître "unique" de la totalité de l'Empire . Par exemple, le père de Constantin, Constance Chlore, mort de maladie en Juillet 306 à York après sa victoire sur les Pictes, n'a jamais été "divinisé" par le Sénat romain, bien que désigné "Auguste" et Empereur d'Occident, depuis 305, année de la démission de Dioclétien et de Maximien .

Par contre, dès son arrivée à Trèves en 307, après le décès de son père, Constantin, fort de l'appui des troupes de Constance Chlore, se déclara son successeur, se donna le titre d'"Auguste" d'Occident, et prit celui de " Pontifex Maximus ", affichant clairement son ambition de diriger, seul, l'Empire en sa totalité, malgré la décision de Galère, successeur de Dioclétien, de transformer officiellement le titre d'"Auguste", que Constantin s'était donné, en celui de simple "César" d'Occident .
A vrai dire, Constantin pouvait se croire, et se dire, fils du Dieu-Soleil, par suite de la hiérogamie dont sa mère, Hélène, aurait été gratifiée ; à l'instar du 1er Empereur romain, Octave-Octavien-Auguste . La légende augustéenne rapporte que sa mère Atia aurait été fécondée par Apollon-Esculape, lors d'une visite en son temple de l'île tibérine . Octave serait né 9 ou 10 mois plus tard, et Atia aurait désormais porté sur elle la marque du dieu . L'histoire légendaire constantinienne transporte son auditeur, ou lecteur, au Moyen Orient, en Syrie, au temps de la campagne militaire menée, en 272/273, par l'Empereur Aurélien contre la reine de Palmyre, Zénobie . L'Empereur était accompagné, dans son Etat-Major, de Constance Chlore, stratège et soldat très valeureux, futur père de Constantin, suivi de sa concubine, Hélène . Au cours des opérations, l'armée romaine campa près d' Emèse, où se trouvait le temple du Sol invictus, le dieu transporté en 219 à Rome par Eliogabal ; or, un dieu solaire était le dieu gentilice de la gens aurélienne, à laquelle appartenait Aurélien . C'est pourquoi, sans doute, il aurait été gratifié d' un songe au cours duquel le dieu se serait révélé à lui, et l'aurait conseillé utilement pour gagner cette guerre contre Zénobie.Simultanément, le dieu aurait fécondé Hélène, ce qui permit à Constantin de se présenter plus tard, constamment, dans sa statuaire, ses monuments, et ses monnaies d'or, comme le fils véritable du Sol invictus . Cette conviction affirmée a nourri son ambition, contre Galère et les successeurs de ce dernier ; elle le conduisit victorieusement jusqu'au trône de seul Maître de l'Empire, manifestant à tous sa nature véritable de fils de dieu, et son véritable caractère de Christus,
affiché sur ses bannières, enfant chéri de la Chance, oint des vertus du Soleil .
La question se pose de savoir si Constantin est resté "dieu-fils de dieu" jusqu'à sa mort, ou si, abandonnant l'Empire pour ne plus être que le Maître de l'Orient romain à Constantinople, il a finalement, avec sa simple humanité, reconnu n'être que le fils de Constance Chlore et non du Sol invictus .
On ne saurait éluder cette question au vu de la "Donation", datée de 315, de Constantin à Silvestre 1er, évêque de Rome, qui l'aurait guéri de la lèpre . Cette guérison "miraculeuse" aurait conduit Constantin à se convertir à la religion "chrétienne" de Silvestre, et à lui céder, outre le Palais du Latran à Rome, tout pouvoir sur l'Italie et les Provinces occidentales de l'Empire, alorsque, lui, Constantin, se retirerait à Constantinople pour ne garder que la maîtrise de la partie orientale de son ancien Etat . Certes, les accusations de " faux " n'ont pas manqué à l'encontre de cette "Donation" ; toutefois, elle fut incorporée dans le recueil officiel des "Décrétales", et les attaques contre ce document pontifical authentique ne peuvent nous empêcher de l'analyser par nous-mêmes, tout en saluant la vigueur de l'ouvrage de Lorenzo Valla, particulièrement ( 1 ) . Se demander si Constantin a véritablement été vénéré comme un dieu par les Romains, y compris les chrétiens, nous oblige à examiner cette "Donation", selon laquelle il aurait élevé l'évêque de Rome, et ses successeurs, au rang, de fait, d'Empereur de l'Occident romain .
Il faut rendre à la "Donation" de Constantin sa vraie signification

La Donation de Constantin, interprétée par la Papauté!
L'agenouillement, supposé, de Constantin devant Silvestre
préfigure celui de l'Empereur Henri IV devant Grégoire VII, à Canossa, en 1077 .
 

Evidemment, ce n'est pas un récit historique :

- La maladie, supposée, de Constantin n'a jamais été signalée .
Dans l'hypothèse de sa réalité, la date présumée de la "Donation", soit l'année 315, situerait nécessairement après 312 le recours " aux prêtres du Capitole ", intervenu vainement avant
l'agenouillement supposé de Constantin devant Silvestre. Or, Constantin était arrivé à Rome
fin Octobre 312 ; il était déjà le chef de la religion chrétienne en Occident, comme il le montra en officialisant ce culte dès Mars 313 ; un recours aux religions " païennes " était inimaginable .

- Le rassemblement de "nombreux enfants innocents"
pour être égorgés afin que leur sang remplisse un bassin, dans lequel Constantin se serait baigné, ce rassemblement n'a de valeur que littéraire : il fait écho au "Massacre des Innocents" des récits évangéliques . En outre, l'auteur de la "Donation", Constantin lui-même, nous tromperait sur sa vraie
nature. Il s'était déjà rendu coupable d'une pendaison connue, celle de Maximien en 310
à Marseille; puis vinrent celles de Licinius et de son fils âgé de cinq ans en 325 à Thessalonique, l'assassinat de son propre fils aîné Crispus en 326 en Istrie, celui de sa seconde épouse Fausta . Constantin n'a jamais reculé devant le crime lorsque ses intérets étaient menacés .
Qu' il déclare, dans sa "Donation": << J'eus aussitôt horreur du crime ! >>, n'est pas crédible .

- La venue des apôtres Pierre et Paul "dans le silence de la nuit",
venue non sollicitée ni datée ( située, donc, vraisemblablement en 315 ) ,vient confirmer
la "Révélation d'Hermès Trismégiste" selon laquelle un roi, étant d'origine divine, peut recevoir en songe les conseils du ciel . D'ailleurs, Constantin avait bénéficié, en 309, d'une visite nocturne d'Apollon dont les conseils lui avait permis de battre une armée de Barbares, en Gaule . La manifestation "céleste"de la "Donation" n'avait pas besoin d'être datée historiquement, puisqu'elle s'inscrivait dans les relations normales " ciel-terre" consécutives au statut d'un roi .

- Constantin ne connaît pas sa propre histoire !
Que les messagers célestes, Pierre et Paul, aient ignoré l'histoire des persécutions subies par les chrétiens, cela ne surprenait personne, puisqu'ils habitaient le ciel . Par contre, que Constantin, en personne, ait rapporté une version volontairement erronée de son action à la tête de l'Empire d'Occident, voila qui classe immédiatement ce récit parmi les "faux éhontés" ! En effet, les deux apôtres, selon la relation de l'Empereur dans la "Donation", lui auraient indiqué que Silvestre, évêque de Rome, fuyant les persécutions de Constantin, lui-même, se trouvait << ... au Mont Soracte, caché avec tout son clergé dans des cavernes de pierre ... >> . Or, faut-il le rappeler ?, Constantin, Auguste ou César d' Occident, avait délibérément choisi, dès 307, de pratiquer une politique prochrétienne, ce dont il fut récompensé en 309 par le peuple de Marseille venu lui ouvrir les portes des murailles de leur ville . Arrivant à Rome en fin de l'année 312, il manifesta sa gratitude au peuple chrétien de l' Urbs, pour son appui contre Maxence,
en offrant à son évêque le magnifique Palais du Latran, entre autres legs . En 315, donc, il n'y avait plus aucune persécution dans tout l'Occident romain, et, dès 314, Constantin s'était imposé comme le chef
de la chrétienté occidentale en convoquant et dirigeant le Concile d'Arles .

Le Constantin de la supposée " Donation "n'a aucun lien de parenté avec l'Empereur de l'Occident romain historiquement connu .

De surcroit, en cette année 315, Licinius était le Maître de l'Orient . Constantin devint le seul Maître de l'Empire romain, dans sa globalité, en 324 seulement . Il fit de Constantinople sa nouvelle capitale
en l'an 330 . Rome avait perdu au bénéfice de Milan sa primauté, dès l'année 303 .
Bref, la "Donation" accumule les anachronismes et tisse une suite d'affabulations, qui lui ôte toute crédibilité . L'ultime preuve réside dans le fait qu'après son installation dans sa nouvelle capitale de Constantinople l'Empereur a continué à diriger l'Empire romain dans sa totalité . Les évêques chrétiens,
y compris celui de Rome, sont demeurés ses subordonnés, membres de l'Administration impériale.
Dans l'histoire, Constantin ne s'est jamais agenouillé devant Silvestre ;
malgré ses crimes pour raison d'Etat, il fut, à sa mort, définitivement divinisé par le Sénat .

- Quand a-t-on connu effectivement la "Donation de Constantin" ?
Que la "Donation de Constantin à Silvestre " n'ait pas été écrite en 315, comme son texte l'indique, une preuve supplémentaire est fournie par la déclaration de la primauté de l'Eglise de Rome sur les quatre sièges de Alexandrie, Antioche, Jérusalem et Constantinople . En effet, à la date supposée, il n'y avait aucune communauté organisée à Constantinople, qui n'existait qu'à l'état de bourgade avant les années 325/330 . Pour sa part, la cité dite Jérusalem portait alors le nom d'Aelia depuis l'année 135 ; elle est désignée sous ce nom précis d'Aelia, et non celui de Jérusalem, par le "canon" VII du Concile oecuménique de Nicée en 325, qui lui accordait le 1er rang sur la ville de Césarée-Maritime, principal centre administratif de la Palestine . Les discussions sur la primauté du siège de Rome ont occupé le 5ème siècle, et, particulièrement, l'épiscopat de Léon I ( 440/461 ), qui n'aurait pas manqué de présenter le texte de la "Donation", s'il avait été effectivement existant à son époque .
Aelia, redevenue Jérusalem après 325, fut conquise par les Musulmans en 638 ; Antioche le fut ensuite ; Alexandrie succomba en 642 . Quant à Constantinople, elle se sépara définitivement de Rome à l'occasion du schisme de 1054 . Depuis cette date, lorsque l'Eglise romaine se dit "catholique", elle ne fait qu'exprimer une ambition utopique !
On a cité la "Donation", pour la première fois, en 754 . Ce fut l'année durant laquelle Etienne II, évêque de Rome, traversa les Alpes en plein hiver pour se rendre à Ponthieu, siège de la Cour de Pépin-le-Bref, dans l'espoir d'obtenir l'aide armée du Carolingien afin de chasser les Lombards qui ravageaient les domaines de l'Eglise de Rome, étendus en écharpe à travers l'Italie, de la Méditerranée à l'Adriatique . Selon toute vraisemblance, une première version de la "Donation" fut rédigée pendant le séjour
d'Etienne II à Saint-Denis ; il y vécut durant quelques mois, et y fut miraculeusement guéri
d'une maladie sournoise qui faisait craindre pour sa vie . Ce fut à partir de cette époque
que les moines "lettrés", tout au moins les rares spécialistes en écritures onciale ou semi-onciale, se mirent à laver les manuscrits mérovingiens en leur possession, pour écrire l'histoire de fausses donations, par lesquelles ils s'opposaient victorieusement aux tentatives d'appropriation forcée pratiquées par des Seigneurs féodaux ou des évêques cupides (2) .
Quoi qu'il en fut , la démarche d'Etienne II obtint le succès escompté ;
par l'aide renouvelée en 756 de Pépin-le-Bref, EtienneII devint, chronologiquement, le premier
des Pontifes romains, Maître royal des Etats pontificaux .

La "Donation" reçut certainement par la suite des adjonctions plus ou moins importantes, relatives à :

  • la qualité du Pontife romain déclaré Vicaire de Dieu, c'est à dire représentant de Dieu sur terre, corollaire des prétentions de Grégoire VII, en 1075, à son infaillibilité et, en conséquence, à sa primauté sur les Princes, Rois ou Empereurs .
  • la mort du Christ en croix ; de fait, l'apparition du crucifix est historiquement datée des 11ème / 12ème siècles .
  • la définition de la Trinité : " Trinité dans l'Unité ; Unité dans la Trinité " ; c'est l'écho de la dogmatisation trinitaire édictée par le 4ème Concile du Latran, en 1215 .
Pépin-le-Bref
( vers 715/768 )
Etienne II, premier Pontife
( 754/757 ).

On ne peut nier que la parution de la "Donation" soit intrinsèquement liée à la création des Etats pontificaux, qui n'ont été prévus par aucun texte "sacré" . La preuve a-contrario est fournie du fait que, lors de la disparition de ces Etats par suite de l'unification de l'Italie au milieu du 19ème siècle, la Papauté jugea bon de ne plus la présenter comme un document pontifical ; celui-ci avait perdu toute utilité pour le Vatican, où, de 1870 à 1929, les Papes se considérèrent prisonniers de l'Etat italien .
En définitive, la "Donation de Constantin" a constitué un document type de la littérature du christianisme romain, dite "sacrée", ou non . Faux éhonté, malgré les "éléments de réel" parsemés dans le texte pour accréditer sa véracité, la "Donation" s'imposa aux consciences des "fidèles", parcequ'elle émanait du Pape, incarnation, disait-on de Dieu sur terre .
Ce texte fut composé au fil des siècles par empilement de strates diverses manifestant les intérets de la papauté à une époque déterminée, en tant qu'Etat propriétaire de très vastes territoires cherchant à imposer ses volontés à l'Europe occidentale, compte tenu des croyances, superstitions et ignorance massives des populations du Moyen Âge . La lèpre recouvrant Constantin allégorisait la situation désastreuse, infernale, d'un individu situé hors de l'obédience de l'Eglise, Mater et Magistra ;
n'obéissant pas au Pape, "Pastor universalis" .

Chaire de Saint Pierre au Vatican
illuminée par Constantin - Christ
Lumière de Lumière
Fils de Sol invictus
Sauveur des Chrétiens .

Mais tous les Pontifes romains, successivement, agirent et se déclarèrent les héritiers de Constantin, et non les successeurs de Silvestre 1er ou de Etienne II . En se disant
" Vicaire du Christ ", ils s'affirmaient les représentants de l'Empereur -dieu, Christ de son Père, le Soleil invincible.
La chaire pontificale du Vatican, dite chaire de Saint Pierre,
est surmontée depuis toujours par la figuration de l'Astre-Roi, qui engendra un Fils, dernier Maître absolu de l'Empire romain, lui-même " Lumière de Lumière " suivant le Credo de Nicée .

Quel qu'ait été le contenu de la "Donation" reniée par le Vatican, la pratique pontificale manifeste, depuis la création des Etats pontificaux, la divinité du Christ-Constantin .

 

II - La Politique religieuse de Constantin

L'année 305 marqua un moment-charnière dans l'histoire de l'Empire romain . Les démissions de Dioclétien et de Maximien nécessitèrent la désignation de deux nouveaux membres pour reconstituer la Tétrarchie dioclétienne ; cela causa de fortes rivalités, qui entraînèrent finalement de véritables guerres civiles, si bien que, en 313, l'Empire ne fut plus divisé qu'en deux parties, l'Occident et l'Orient, et que,
en 325, il fut dirigé par un seul Maître, Constantin . En 20 ans, l'on retrouva le statu quo ante ; il ne resta rien de la réforme principale de Dioclétien, mort à Split le 3 Novembre 311 . Les départs de Dioclétien et de Maximien placèrent Galère en position dominante, ce qui lui permit de nommer aux deux postes vacants, parmi ses relations, Sévère à Milan, et Maximin Daîa en Orient . Ces désignations provoquèrent aussitôt de violentes réactions :

  • chez Maxence, fils de Maximien, qui se révolta immédiatement, s'installa à Rome, prit le titre d'Empereur, et combattit Sévère ; ce dernier fut tué en 307, et remplacé par Licinius, autre relation de Galère ;
  • chez Constantin, fils de Constance Chlore, âgé de plus de trente ans, stratège et valeureux guerrier comme son père; Constantin ambitionnait le poste de Milan . Profondément déçu de n'avoir pas été choisi, il quitta l'Italie et rejoignit son père à Boulogne, dès 305, traversa la Manche avec lui, et contribua à la victoire sur les Pictes . Constance étant décédé, de maladie, à York en Juillet 306, Constantin prit sa succession avec l'accord de son entourage et fut acclamé Empereur . Mû par une vive hostilité à l'égard de Galère, Constantin déclara ouvertement sa volonté de conquérir la Maîtrise totale de l'Empire, en prenant à Trèves, sa capitale, dès 307, les titres de Pontifex Maximus et de Augustus, par lesquels il revendiquait nettement une origine "divine" . Galère ne pouvait rien contre lui et se contenta de ramener son titre d'Augustus à celui de César.Outre ses campagnes contre les Barbares, Constantin guerroya pendant 18 ans pour réaliser son dessein, qui entraîna la mort de ses adversaires successifs. Maximien fut étranglé en 310 à Marseille;Galère décéda en Mai 311; Maxence se noya le 28 Octobre 312 au Pont Milvius;Maximin Daïa se suicida en Juillet 313;
    Licinius, vaincu à Chrysopolis en 324, fut assassiné avec son fils en Mars 325, à Thessalonique.

Ces résultats furent acquis grâce à l'appui du peuple chrétien .
Dès 307, Constantin dut explorer et choisir les moyens les plus adaptés à la réussite de ses projets.
En se déclarant "Pontifex Maximus" et Augustus", il annonçait clairement que, pour lui comme pour tous les Empereurs l'ayant précédé depuis l'avènement d' Auguste, fils d'Apollon, il jugeait insuffisant de gagner des batailles, s'il n'assurait pas, aussi, l'unité de l'Empire . Remporter des victoires sur ses ennemis personnels, ou des hordes de Barbares, manifestait seulement ses qualités "divines"
d'Enfant de la Chance, de Christus, béni par son Père, le Sol invictus . L'unité de l'Empire exigeait
le regroupement des populations autour de lui ; pour ce faire, il n'y avait, à son avis,qu'une seule règle
à suivre : développer le culte de sa personne dans tout l'Empire ; ce qui rendait encore plus urgent
pour lui de règler, définitivement espérait-il, la question du Mouvement chrétien.
Les décrets pris en 303 et 304 par Dioclétien, à l'instigation pesante de Galère, lui paraîssaient insupportables pour deux raisons principales :

  • d'une part, ces décisions portaient le sceau de Galère, qu'il estimait être son ennemi personnel ;
  • d'autre part, elles concernaient, pour la première fois, tous les chrétiens porteurs de leurs "livres sacrés", dont, en très grande majorité, des esclaves . Ceux-ci étaient beaucoup trop nombreux pour qu'on pût envisager de les faire disparaître ; en outre, toute l'économie de l'Empire, toute sa richesse, dépendait de leur travail ; ils composaient aussi un chiffre important des "employés aux écritures" de l'Administration, qu'il était impossible de remplacer ex abrupto par des prolétaires actuellement non-instruits . Ménager les chrétiens devenait une clef de la réussite pour Constantin, dans l'espoir de les convertir, en définitive, au culte de sa personne .
Constantin, Christ triomphant :
<< Je suis la voie, la vérité, la vie >>

Constantin était, de fait, un manipulateur-né ; il se persuada vite, à bien examiner les conditions d'organisation des Collegia chrétiens, que la stricte obéissance de chaque communauté aux directives de son évêque, l'implantation de ces groupements sur la totalité de la surface de l'Empire offraient une possibilité réelle de façonner un parti politico-religieux unique et véritablement catholique, dont l'existence supporterait son culte impérial, dans la mesure où, lui, Constantin, pourrait en devenir le chef incontesté en apparaîssant sous les traits de leur nouveau Sauveur, réincarnation de l'Ancien vénéré en tant que Juge suprême des vivants et des morts, à la fin des temps . Sans doute, lui fallut-il l'aide de conseillers proches du Mouvement à convertir, dont Ossius, ex-évêque de Cordoue ; leurs avis le conduisirent :

  • premièrement, à supprimer totalement les effets de la persécution dioclétienne ; aucun chrétien ne fut plus ni poursuivi ni condamné, tout au moins pour son appartenance au Mouvement, sur le territoire de la Gaule et de tous les pays dépendant de la capitale de Trèves ;
  • ensuite, il développa une politique de séduction à l'égard des évêques ; non seulement il leur rendit les biens confisqués et compensa les pertes matérielles subies par les Collegia, mais il prodigua les subventions et dons pécuniaires, qui permirent à ceux-ci de pratiquer une activité d'entraide efficace au profit de leurs compagnons infortunés . Plus même, Constantin dota des Collegia influents de terrains et d'immeubles de telle sorte que, devenus propriétaires fonciers, ils se préoccupèrent habituellement du rendement de leurs biens et abandonnèrent toute attitude agressive .

Bref, Constantin transforma progressivement, dans son royaume, les évêques chrétiens en agents
de sa propagande, intégrés pratiquement dans l'Administration de son culte,
éléments actifs de l'unité de son Etat ; en outre, ses préoccupations l'amenèrent à s'inquiéter du sort
des esclaves "lettrés", fonctionnaires subalternes dans les divers Services de l'Administration impériale . Il sut les rassurer sur leur sort, conforta leur traitement, mais ,surtout, les incita à retraduire leur A.T. dont les "livres" avaient été détruits du fait de la persécution dioclétienne .

Par son attitude, il apparut à ces chrétiens comme un des leurs soucieux de préserver les légendes originaires du Mouvement, le souvenir magnifié de Spartacus et de Chrestus,
la succession marquante des "fidèles" appelés plus tard "apôtres", les reliques "sacrées"
de compagnons anonymes baptisés de sobriquets caractéristiques tels que :"Pierre" .
Finalement, la foule des chrétiens avait éprouvé une telle peur de la persécution qu'elle alla très vite
au-delà des buts que Constantin s'était fixés . La preuve lui fut fournie, dès 309, de la pleine réussite de sa politique, à l'occasion de la tentative de Maximien, son beau-père, de reconquérir l'Empire d'Occident . Mettant à profit une campagne de Constantin contre les Francs, Maximien se rendit à Arles et fit courir le bruit de la mort de son gendre, pour recouvrer ses anciens pouvoirs . Après avoir vaincu les Francs, Constantin, furieux, se retourna contre lui ; Maximien quitta Arles pour Marseille, ville fortifiée; mais les habitants de cette dernière se révoltèrent contre lui, vinrent au-devant de Constantin, lui ouvrirent les portes de la cité, et l'accueillirent en Sauveur . Il dut attendre trois ans encore avant d'atteindre son premier objectif impérial : Rome .

Assuré désormais de sa chance, persuadé, plus que jamais, au fond de lui-même, d'être le fils "béni",
le christus, du Sol invictus, Constantin mit à profit les années 309/311 pour étendre sa politique prochrétienne dans ses territoires, en l'attente d'événements futurs au service de ses ambitions.
Un signe favorable du "Destin" se manifesta avec la mort de Galère,son ennemi personnel, en 311,
et le maintien de l'armée de Licinius sur le Danube. En Italie, il n'y avait que Maxence, fils de Maximien, qui avait déclaré son hostilité à Constantin en faisant "diviniser" son père après sa mort ( suicide?) par strangulation à Marseille. Mais le temps travaillait pour Constantin par le fait que Maximien et Maxence avaient persécuté durement les chrétiens italiens et africains depuis 305 . Ceux-ci, bien informés de ce qui se passait en Gaule, ne pouvaient que souhaiter une prompte et définitive délivrance, c'est à dire la mort de Maxence après celle de Maximien, et une arrivée triomphale de Constantin,
dont l'image de Sauveur des chrétiens hantait leurs esprits .

Légende romaine illustrant la victoire
du Pont Milvius .

Le chrisme constantinien était une roue solaire
à 3 diamètres, à 6 rayons dont un, vertical,avait une partie renflée, sous la circonférence, de façon à dessiner un rhô .

Au début de l'année 312, Constantin pénétra en Italie avec une armée relativement faible, mais qui battit les troupes de Maxence à Turin et à Vérone . Après avoir annexé le Nord de l'Italie, il se dirigea, à l'automne 312, sur Rome, où Maxence s'était réfugié. Rome était une ville fortifiée depuis les travaux d'Aurélien, en 272 . Maxence ne jouissait plus du soutien populaire; il craignit que se renouvela la mésaventure passée de Marseille, et se prépara à culbuter les forces de l'ennemi hors de la ville, en rase campagne, faussement rassuré sur l'issue de la bataille par la supériorité numérique de son armée. En face de lui, l'armée constantinienne,
plus faible en nombre,mais fortifiée par ses précédentes victoires, était soudée par une volonté sans faille de vaincre l'oppresseur des chrétiens, et de lui faire payer chèrement
la suite de ses exactions .

Toutefois, Constantin estimait que le choc de deux troupes composées d'hommes habillés et armés de manière identique pouvait causer des confusions, qui profiteraient à l'ennemi.
Afin de resserrer encore les rangs, d'assurer une plus forte cohésion dans la lutte, il imagina de faire fabriquer des bannières nouvelles, non encore vues, reproduisant en clair sa devise : CHRISTUS, de telle sorte que ses troupes pussent avancer regroupées autour de ces drapeaux, assurées d'une victoire promise par l'intervention du Dieu-Soleil, père de leur chef . En fait, Maxence n'était pas un homme de guerre;
il n'avait dû ses précédentes victoires sur Sévère et Galère qu'après avoir largement soudoyé leurs troupes, qui s'étaient disloquées au moment des combats. Il était peu instruit du commandement militaire et son armée opposa une faible résistance à la poussée de l'adversaire ; de surcroît, bousculé lui-même sur le pont Milvius, il tomba dans le Tibre et se noya, retenu au fond du fleuve par le poids de son équipement .

Constantin, à Rome, fut vénéré comme l'Empereur incontesté de tout l'Occident romain, y compris la Sicile et l'Afrique du Nord, porté par un mouvement populaire inimaginable qui, mêlant les prolétaires et esclaves à des membres de la noblesse victimes de Maxence, matérialisait leur faim de liberté et de justice. Certes, il n'était pas concevable de supprimer l'esclavage, mais, sans doute, pouvait-on alléger considérablement les contraintes dans les relations de possédants à possédés .

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Licinius ( 308 /324 )
Le dernier adversaire de Constantin épousa,
en 313,la demi-soeur de celui-ci, Constantia .
Il prétendit être tout comme lui : CHRISTUS
et reproduisit le monogramme constantinien sur ses bannières,
ce qui lui assura ses victoires sur Maximin Gaïa, dit-on,
bien que n'étant pas chrétien .

Le triomphe des chrétiens, corollaire de celui de Constantin, promettait un avenir humanisé, espoir renforcé par les dons de l'Empereur à la communauté romaine, notamment celui du Palais du Latran devenu le siège de l'évêché, accompagné de subventions en espèces et en nature, et de la construction de temples chrétiens, dont le tout premier fut édifié à côté du Palais épiscopal et servi de modèle à beaucoup d'églises ; dédié plus tard à Saint Jean .

C'était une conséquence de l'officialisation du culte chrétien devenu, de fait, le culte de leur nouveau Sauveur, Constantin lui-même, dont la "divinité" était admise par tout le peuple de l'Empire occidental . Cette officialisation fit l'objet d'un Acte signé, en Avril 313, à Milan, capitale en titre de l'Empire occidental, conjointement par Constantin et Licinius, l'autre Empereur dont le pouvoir s'étendait alors sur les Balkans, avant ses victoires sur Maximin Gaïa qui se suicida en Juillet à Tarse .
Ce texte renforçait encore la qualité de chef des chrétiens de Constantin, qui, en 314, convoqua à Arles, en Concile, plusieurs évêques, dans l'espoir de résoudre la question soulevée par le schisme donatiste à Carthage; il s'agissait de la réédition d'un problème ancien provoqué par l'intransigeance dogmatique de Donat, l'évêque de Carthage, que ce Concile de 314 ne put règler, car Constantin répugnait à employer la force contre des chrétiens, ce qui aurait fâcheusement rappelé les scènes pitoyables décrites par Celse, à la fin du 2ème siècle .

En 313, donc, avec le décès de Maximin Gaïa, disparut définitivement la tétrarchie dioclétienne, remplacée par une simple biarchie, l'Empire étant simplement divisé en deux parties : l'Occident adorateur de Christ-Constantin, et l'Orient dirigé par Licinius, qui conclut un accord politique avec l'autre Empereur, accord scellé par son mariage avec la demi-soeur de Constantin, Constantia . Ce dernier ne renonça jamais, au fond de lui-même, à son dessein de devenir le seul Maître de l'Empire, bien qu'il dut attendre 11 ans pour arriver à ses fins . C'est en 316 qu'il rompit l'accord passé trois ans plus tôt, en attaquant dans les Balkans ; au début, les actions se déroulèrent à son avantage ; il remporta,
le 8 Octobre 316, la victoire de Cibalae. Licinius, peu aguerri, nomma, alors, coEmpereur, Valens commandant des forces sur le Danube; celui-ci rassembla une autre armée qui s'opposa efficacement à celle de Constantin; ce dernier engagea des négociations, durant lesquelles Valens fut assassiné . Licinius, seul, céda à son adversaire la majeure partie des Balkans par le traité de Serdique ( Sofia )
le 1er Mars 317 .
En tout état de cause, la lutte était inégale entre les deux parties, car tout le peuple chrétien en Orient souhaitait, comme autrefois à Marseille et en Italie, la victoire de Constantin, dont plusieurs évêques se firent les agents actifs . Licinius crut nécessaire de riposter en chassant les chrétiens de son armée, de son Administration; il reprit leur persécution, détruisit les biens des communautés, et multiplia le nombre des "martyrs", pour cause de trahison . Aussi bien, en 324, lorsque Constantin, après avoir rassemblé d'importantes forces, terrestres et navales, se mit en marche contre lui, Licinius fut rapidement vaincu
à Andrinople, le 3 Juillet; il s'échappa en Asie Mineure, suivi par Constantin, qui remporta une victoire décisive, le 18 Septembre 324, à Chrysopolis. Licinius se rendit, contre la promesse de la vie sauve;
il fut assigné à résidence à Thessalonique pour y vivre comme un simple citoyen. Constantin rompit
son serment, et le fit étrangler, avec son fils, en Mars 325 .
Cette fin terrible était prévisible compte tenu du psychisme de Constantin préoccupé d'obtenir, en tout,
la première place. Licinius avait osé se présenter, lui aussi, en fils béni d'un père "divin"; Constantin
ne pouvait supporter qu'on le compara, à un moment quelconque, à un autre homme-dieu, vivant
en même temps que lui, et postulant contre lui au commandement suprême des Romains. Licinius fut condamné dès l'instant où il frappa ses bannières du chrisme que Constantin avait imaginé en 312,
avant la bataille du Pont Milvius. Le déroulement de l'histoire suivit un cours plus ou moins rapide
rythmé par les circonstances et la nécessité pour Constantin de ne jamais dévoiler ses véritables
objectifs ; tout devait apparaître comme la manifestation d'une volonté "divine" dont il serait l'heureux bénéficiaire. A notre époque, il serait jugé en homme réellement sans aucun scrupule,
pour lequel la fin dernière justifiait

  • d'une part, tous les crimes commis par lui directement ou sur ses instructions personnelles ;
  • d'autre part, les manipulations très coûteuses par lesquelles il s'attacha la dévotion des chrétiens, qui se convertirent littéralement au culte de sa personne, devenu, après 325, le christianisme, le culte de Christus; ils montrèrent, malgré eux, que leur religion était une invention humaine .

Malgré l'intrusion et le poids des Provinces orientales, ce culte demeura d'origine romaine du fait que :
non seulement, pendant 20 ans, de 305 à 325, Constantin fut un occidental, mais aussi, que la "religion" chrétienne, de 307 à 324, se " constantinisa "progressivement en Gaule, en Italis, et finalement à Rome, l'ancienne et insurpassable capitale de l'Empire.

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Arc de Triomphe de Constantin, à Rome .

Constantin fut un véritable Empereur romain, constructeur de monuments pour la plus grande gloire de la Ville : l'Arc de Constantin, la Maison impériale commencée par Maxence où se trouvait sa statue colossale, des thermes somptueux, et des monuments religieux, en particulier, dès 323, la Basilique dédiée de son temps à l'"apôtre" dont les reliques constituèrent la pierre de fondation du bâtiment, qui, plus tard, fit de Rome le véritable "Centre Magique" de tout l'Occident, puis, de nos temps ,le Centre mondial de sa religion .


Plus même, avant 325 et sa décision de construire une nouvelle capitale en Orient, Constantin avait prévu de se faire enterrer dans l'Urbs, proclamant ainsi son attachement à sa Ville ;
il avait fait réaliser un imposant sarcophage, magnifiquement sculpté de scènes de bataille entre Romains et Barbares, déposé dans un mausolée circulaire à Tor Piganattara. Les deux ont été utilisés pour sa mère Hélène, décédée à Rome, avant les travaux de Constantinople. Un sarcophage similaire a été découvert dans le mausolée de sa fille Constantia,
transformé ensuite en église Sainte Constance à Rome .


Tête colossale de Constantin

La victoire de Chrysopolis eut pour effet de convaincre Constantin de la nécessité d'un déplacement
en Orient du centre de gravité de l'Empire, du fait de la présence dans la région de nombreuses populations Barbares, les Goths en particulier, et de la menace continuelle engendrée par les Perses
d'au-delà l'Euphrate. Il comprit, alors, pour quelle raison Dioclétien avait, en son temps, fixé le siège de son pouvoir à Nicomédie, que lui, Constantin, ne pouvait réoccuper, à cause des souvenirs désastreux associés par les chrétiens à la personne de l'Empereur décédé, bien qu'il fut un grand Administrateur de l'Empire. Il décida de se fixer sur la rive européenne du Bosphore à l'emplacement de l'antique cité grecque de Byzance.
Les travaux de rénovation, d'extension, de décoration, architecturale ou autre, durèrent plus de dix ans, de 325 à 336, mais l'inauguration officielle eut lieu le 11 Mai 330 .
La démesure qui s'empara de Constantin le persuada de faire venir de tout l'Empire architectes, entrepreneurs, ouvriers en nombre considérable ( 40.000 terrassiers Goths furent enrôlés d'un coup ) . On rafla partout des statues, colonnes, oeuvres d'art de toute sorte, pour faire surgir une ville attrayante, qui compta, un siècle plus tard, environ 500.000 habitants, esclaves compris .
La démesure tourna vite, chez Constantin, à l'idée fixe : manifester par des monuments grandioses sa filiation "divine", son origine "solaire"; il voulait illustrer par sa statuaire, l'architecture, ses monnaies,
la définition nicéenne de Christ : " lumière née de la lumière " . C'est ainsi qu' une colonne de pierres rouges gigantesque dressa, à une grande hauteur, une statue de l'Empereur, divinisé en nouveau soleil éclairant de ses rayons jusqu'aux confins de l'Empire. Surtout, il fit bâtir un monument destiné à recevoir sa dépouille, après son décès . Ce monument, transformé plus tard en église des Saints Apôtres, abritait en son centre un mausolée, surélevé, où serait déposé le cadavre de l'Empereur, traité comme un phare éclairant douze autres mausolées plus petits, disposés en cercle, correspondant aux douze divinités zodiacales. La démesure se manifesta, enfin, le 25 Décembre 335 par la transformation de la fête annuelle du Nouveau Soleil ( Noël ), instituée le 25 Décembre 274 par l'Empereur Aurélien, en célébration périodique, symbolique, de la naissance de Christ-Constantin, si bien que les chrétiens de notre temps rééditent inconsciemment, chaque 25 Décembre, un culte "païen" persistant
malgré sa nouvelle appellation. Constantin s'éteignit le 22 Mai 337, dans sa villa d'Ancyro, près de Nicomédie . Il fut inhumé dans son mausolée de Constantinople, mais le Sénat romain, dans l'ancienne Capitale, le déclara "dieu", comme de nombreux prédécesseurs "paiens". Les chrétiens, pour leur part, l'hypostasièrent en "Empereur céleste" et "Seigneur de Majesté".
Constantin avait créé le premier Empire théocratique, qui servit, plus tard, de modèle aux Pontifes romains, dont deux, au moins, portèrent son nom; tous se dirent ses "héritiers" ou ses "vicaires" .

III - Le "Credo" du Christianisme romain

-
Concile de Nicée en 325 ;
convoqué et dirigé par Constantin personnellement

 


La victoire de Chrysopolis et la conquête de l'Orient romain eut pour conséquence d'obliger Constantin à régler d'urgence la question arienne.
Depuis les premiers sermons, en 280/290, d'Arius, prêtre à Alexandrie, la polémique sur la nature du dieu chrétien avait enflammé les principales communautés d'Egypte, Proche Orient, Asie Mineure.
Deux partis s'opposaient pour décider si ce dernier était, ou non, un dieu secondaire ; les Ariens, partisans d'Arius, estimaient qu'en définitive le Sauveur chrétien, une fois venu sur terre, ne pouvait se situer qu'au dernier rang de la hiérarchie céleste, quel que fût son Père; ils adoptaient, en quelque sorte, les définitions de "La Révélation d'Hermès Trimégiste" concernant un Roi (3)

-
Monnaie d'or constantinienne :
son buste est accolé à celui
du Sol invictus,
désigné comme son "gouverneur".

Leurs adversaires, a-contrario, affirmaient que, devant vaincre toutes les forces ennemies, leur dieu se devait d'incarner, au plus haut degré, les qualités et forces divines, c'est à dire être de la même nature que son Père. Les uns et les autres étaient informés des événements surgissant en Occident, depuis le début de la persécution dite de Dioclétien; ils connaîssaient les faits et gestes
de Constantin en faveur de leurs congénères, d'abord en Gaule, puis en Italie, puis à Rome, enfin dans tout l'Occident romain . Sa lenteur à venir délivrer les chrétiens d'Orient prouvait, aux yeux des Ariens, une nature de second ordre dans la crainte d'être battu par Licinius. Pour leurs contradicteurs, la certitude d'être, tôt ou tard, totalement délivrés, par l'Empereur d'Occident, manifestait la
présence d'une divinité pleine et entière, celle du Sol invictus,
dont Constantin était le Fils, filiation soulignée par ses actions continuelles, les décorations impériales, et ses monnaies. .Constantin, pour sa part, vénéré dans l'Occident comme un dieu par les "païens", comme leur Sauveur par les chrétiens, ne pouvait supporter, en aucune manière, de voir discuter par des Orientaux ces qualités affichées et reconnues unanimement .

C'est pourquoi, dès l'assassinat de Licinius et de son fils en Mars 325, pour apparaître le seul Christus, il convoqua un Concile des évêques d'Orient, qui, en quelques mois, avaient reçu de lui de très fortes compensations financières, laissant espérer des donations encore plus importantes, dans la mesure où
ils sauraient acquiescer aux volontés exprimées par l'Empereur, dont ils dépendaient en tout .

Le Concile oecuménique de Nicée débuta le 19 Juin 325 et se termina autour du 25 Juillet (4) . Il fut préparé par plusieurs réunions d'évêques orientaux tenues au commencement de l'année 325 ; il était prévu de le réunir à Ancyre, mais Constantin décida de le convoquer à Nicée pour faciliter la venue des ambassadeurs occidentaux; en fait, le siège apostolique de Rome délègua deux seuls représentants :
Vite et Vincent . Pratiquement, donc ,l'assistance, forte de 318 Pères ( chiffre conventionnel),
fut composée uniquement d'évêques orientaux ; la question arienne, il est vrai, ne troublait guère
les esprits en Occident; les évêques et les "fidèles" de cette partie de l'Empire exécuteraient,
en tout état de cause, les volontés de l'Empereur. Les débats furent, habituellement, présidés par Constantin en personne; durant ses absences, il fut remplacé par son conseiller : Ossius, ancien évêque de Cordoue. Les Actes du Concile, "Canons" et "Symbole de la Foi", n' ont probablement jamais été rédigés par des secrétaires; ils furent écrits en grec; les "Canons", au nombre de 20, ont été traduits en latin par Denys le Petit, dans la première décade du 6ème siècle; Constantin les avait promulgués au titre de lois de l'Empire. Toutefois, le travail essentiel du Concile consista dans la rédaction du "Symbole de la Foi", dont on possède le texte lu,croit-on, au Concile d'Ephèse, en 431, soit à plus d'un siècle d'écart, temps qui a permis vraisemblablement des adjonctions rendues nécessaires du fait des transformations dans les mentalités, et notamment de la décision prise par Théodose 1er, en 390/391, d'instituer l'exclusivité du culte des chrétiens dans tout l'Empire; l'interdiction de continuer à pratiquier les cultes ancestraux occasionna nécessairement des syncrétismes rituels et doctrinaux .
Le contenu du "Symbole de la Foi"des Pères conciliaires, relativement bref, tient à régler,
une fois pour toutes, la question soulevée par Arius. Il affirme l'existence d'un dieu unique
en trois personnes :

  • le Père, tout -puissant, "créateur de tous les êtres visibles et invisibles " ;
  • le Fils,un seul Seigneur,"vrai dieu de vrai dieu" "lumière de lumière", engendré non pas créé, consubstantiel au Père ( homoousios, vraisemblablement une trouvaille d' Ossius ! ),
    " qui, à cause de nous, les hommes, et à cause de notre salut, est descendu et s'est incarné, s'est fait homme, a souffert, et est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, viendra juger les vivants et les morts ..." ;
  • l'Esprit Saint, qui est le lien naturel entre le Père et le Fils .

A l'examen du texte, plusieurs remarques doivent être présentées :

  • d'une part, le vocabulaire utilisé et la pensée théologique développée témoignent indiscutablement d'une origine indo-méditerranéenne; l'emploi du terme millénaire de "dieu"(deiwos), sa signification solaire ( lumière de lumière ), la structure trinitaire de la divinité décrite désignent, sans aucun doute ,cette source-là, accusant une nette différence avec le dieu primitif des chrétiens conçu, à partir du dieu unique de leur A.T.,comme un Vengeur, unique, en une seule personne ,devant venir à la fin des temps .
  • d'autre part, le Père est le créateur de tous les êtres visibles et invisibles; il est dit "tout puissant" . On ne peut manquer de rapprocher cette qualification du vocabulaire habituel de l'aristotélisme hylémorphique; la "puissance" cherche à s'actualiser à partir d'un terminus a quo, à partir d'un moment où un mouvement se crée à destination d'un terminus ad quem, qui constituera l'actualisation de la puissance exercée; en d'autres termes, le dieu "tout puissant " est un Être inactualisé, mais en mouvement continuel, qui tend à se réaliser complètement dans ce mouvement même, par la "création" . C'est la conception stroboscopique de cet Être en mouvement perpétuel
    et rapide qui a conduit Aristote à penser son Moteur immobile . Peut-on imaginer que les évêques orientaux, en 325, étaient familiarisés à ces théories philosophiques, alors que, d'une manière générale, les philosophes grecs de l'époque condamnaient la "religion " chrétienne ?
    et que, en 529, Justinien fermera l'Académie d'Athènes ?
    La désignation d'un Père, dieu tout puissant, date vraisemblablement d'une époque
    beaucoup plus tardive .
  • Le Fils est, lui, qualifié " un seul Seigneur Jésus-Christ" . Il s'agit, à l'évidence, de l'apparence humaine sous laquelle il s'est incarné ; l'on retrouve, ici, l'expression de la pensée millénaire suivant laquelle un dieu se manifeste sur terre sous les traits d'un Prince, Roi ou Empereur, par le moyen d'une hiérogamie. Toutefois, ce Fils divin n'est plus "le dernier (né)des dieux", comme il est dit dans "La Révélation d'Hermès Trismégiste "; il est, désormais, l'égal de son Père, en tout, consubstantiel à lui, homoousios . Il s'agit, donc, de Constantin, Fils du dieu Soleil ( quelle que soit son appellation : Apollon, Esculape, Mithra, Sol invictus ... ), lumière de lumière, vrai dieu de vrai dieu, qui est le seul Seigneur, Maître unique de l'Empire, puisque Licinius a été battu . L'appellation de "Jésus-Christ" ne peut être qu'une citation d'un évangile rapportant la "Confession de Pierre " identifiant en une seule et même personne Jésus ( l'ancien Sauveur, imaginaire ) et Christus, le nouveau Sauveur des chrétiens, Constantin, Fils béni de son Père le Soleil. Ce passage ne peut être que postérieur à la tenue du Concile de Nicée, compte tenu de la durée ( 20 ans ) de la persécution de Dioclétien en Orient, et de la destruction systématique des bibliothèques chrétiennes .
    Les "lettrés" chrétiens retraduiront la Septante, leur A.T., après 325, et créeront leur N.T. pour justifier, par l'Ecriture, la royauté juive de l'Empereur.
    Remarquons, de plus, que, dans le"Canon II " relatif à << ceux qui sont admis dans le clergé aussitôt après le baptème >>, il est fait référence à une Epître à Timothée ( III - 6/7 ), par laquelle " l'apôtre " aurait dit :<< Que l'évêque ne soit pas un néophyte >> ; or, le poste épiscopal a été créé, après 212, par les lois de Ulpien et de Marcien sur les Collegia; le terme d'apôtre est employé ici pour faire autorité.
    Le "Canon XVII " concernant << les clercs qui prêtent à intéret >> cite le Psaume XIV / 5 :
    << il n' a pas donné son argent à intéret .. >>, présenté comme " parole divine " !
    Les "Canons" ne présentent aucune citation des évangiles .
  • L'incarnation du Fils,bien que phénomène essentiel,est juste mentionnée. On ne trouve aucune indication ni sur le temps, ni sur le lieu, ni sur les circonstances de la hiérogamie obligatoire . S'il s'agissait, suivant les conventions, d'un fait situé 4 siècles auparavant, les Pères conciliaires auraient dû en apporter des preuves, rappeler la scène telle que décrite par la "tradition apostolique", qu'auraient réactualisée les pèlerinages, au moins annuels, effectués,de coutûme, par des "fidèles" croyants, dans une Antiquité où ces déplacements religieux étaient pratiqués par toutes les populations. Cette "incarnation" est signalée, simplement, comme s'il s'agissait d'un fait incontestable, avéré, connu de tous, constituant l'actualité en 325, sans que l'on pût mettre en question sa réalité . Elle se manifestait, de fait, par l'omniprésence de Constantin, dont on ne doutait pas de l' origine divine .
  • Enfin, s'il s'est fait homme, le Fils a nécessairement souffert d'endosser, même si temporairement, une apparence infiniment trop petite pour un dieu . De nos jours, ce verbe "souffrir" évoque en nos imaginations, complètement conditionnées par des siècles de discours de l'Eglise romaine, l'effigie d'un supplicié, torturé atrocement, puis cloué sur une croix, afin d' y subir une mort infamante pour une raison sans fondement. En fait, le Symbole de la Foi des 318 Pères conciliaires ne contient pas la moindre allusion à une mort du Fils, encore moins au supplice de la crucifixion qui n'était plus employé en 325, depuis plusieurs années .

Comment auraient-ils pu parler de la mort du Fils béni du Soleil, en face de Constantin, bien vivant, présidant personnellement leurs travaux ? Il y avait une impossibilité matérielle, d'autant que l'Empereur, Christ solaire, ne mourrait jamais; à sa mort apparente,il remonterait aux cieux, divinisé pour l'éternité par le Sénat romain, hypostasié par les chrétiens en " Empereur céleste - Seigneur de Majesté " .
- Le Symbole nicéen ajoute, il est vrai ,que le Fils " est monté aux cieux " après être "ressuscité le troisième jour " . L'emploi d'un temps grammatical au passé est ici très significatif .
Aucune précision n'est apportée ni sur une mort supposée ( lieu, moment, circonstances ...), ni sur les conditions de cette résurrection "au bout du 3ème jour" . Pourquoi un tel délai ? La divinité du Fils serait-elle conditionnée par un tel espace de temps ? Pourquoi pas deux heures, deux jours, deux semaines ? La raison la plus vraisemblable de cette indication tient à une interpolation ultérieure, légitimant l'intrusion syncrétique du culte antique de la Fécondité, principalement le culte de Cybèle -Attis interdit en 415, dans le culte exclusif chrétien. La décision décrétale de Théodose, en 390/391, ne pouvait changer, sans conséquences, des mentalités et des habitudes cultuelles datant d'au moins 7 siècles à Rome, mais plus vieilles encore en Orient, Phrygie et Grèce; Cybèle et Attis incarnaient ce culte de la Fécondité primordial pour des populations essentiellement agricultrices. Pour elles, la résurrection du dieu déterminait l'arrivée du Printemps,ce que symbolisait la résurrection annuelle d'Attis,à la fin de sa "semaine sainte",dans le culte de la Mère des Dieux,trois jours après sa mort ritualisée. Le renouveau vernal était célébré chez les chrétiens par la fête de Pâques ; le rituel définitif conserva les deux pratiques . L'emploi du temps grammatical au passé désignait la mort de Constantin le Grand en 337, dont tout le monde était informé, sans qu'il fut besoin de la commenter .

Sur le Vatican , la basilique St-Pierre,
édifiée sur l'ordre de Constantin

 

Est-ce-que les travaux du Concile de Nicée ont institué pour le nouveau culte, le christianisme, la religion du Christ-Constantin, un Centre cultuel autre que le siège "apostolique" de Rome ?
L'auraient-ils déplacé à Aelia, l'ancienne Jérusalem ?
Le "Canon VII " explique : << ..... A propos de l'évêque d'Aelia ....>>

<< Comme se sont imposées la coutume et tradition ancienne selon lesquelles l'évêque d'Aelia est honoré, qu'il ait la préséance de l'honneur, la dignité propre qui revient à la métropole restant sauve>>
Il est bien difficile d'apprécier le sens exact de cette "préséance de l'honneur ". On estime généralement que l'évêque d'Aelia allait exercer, désormais, l'autorité religieuse dans sa circonscription, sans avoir à tenir compte des avis de celui de Césarée,la métropole,centre administratif de la Palestine.
Il n'est, en aucune manière, établi une comparaison avec Rome .
Cette dernière restait le Centre de la nouvelle religion des chrétiens, institué officiellement du fait de la construction, depuis 323, de la Basilique du Vatican dédiée, dès l'origine, à l'apôtre "Pierre", désigné plus tard par les évangiles "Portier du Ciel" ; cette construction allait transformer la Ville en "Centre Magique" pour tous les fidèles, qui se presseraient sur les reliques de l'"apôtre" pour obtenir de lui, contre paiement, un soutien, efficace, à l'heure de la mort, et finalement une entrée au Paradis; le pélerinage
à Rome devint le moyen le plus pratiqué de signer une sorte de contrat d'assurance - Paradis
avec le portier du Ciel .
Depuis l'année 307, où il accéda à son premier trône, à Trèves, Constantin avait eu la possibilité de bien analyser l'organisation et la "doctrine" du Mouvement paléo-chrétien, éclaté en ses Collegia, pour le mettre au service de ses ambitions . Il lui fallut ,donc, pour être accepté comme son chef, adopter, au moins en apparence, ce qui constituait le fondement du Mouvement, c'est à dire non seulement faire cesser l'opposition à la Société romaine par l'arrêt de la persécution et la distribution de subventions et legs de toute nature, mais aussi penser comme un chrétien "lettré", penser à travers leur A.T., la Septante, et l'histoire légendaire des origines . Or, si les chrétiens finirent par se persuader d'être
"le nouveau peuple juif" ( puisque l'ancien avait totalement disparu dans l'amalgame de l'Empire ), leur Mouvement représentait primitivement une contestation de la Société romaine, née à Rome, à la suite de la répression terriblement inhumaine de la révolte de Spartacus; cette contestation originelle, née à Rome, développée à Rome, nourrie ultérieurement des lectures de la Septante, demeurait un mouvement romain et italien débordant en Province, après 212 . La légende des origines parlait de Chrestus et de ses successeurs, "les apôtres", dont un, particulièrement, reposant sous un trophée décrit, bien qu'anonyme, par Gaïus, à la fin du 2ème siècle. C'est pour magnifier ce personnage emblématique ( qui fut peut-être Chrestus lui-même ), que Constantin décida, en 323, de construire la magnifique Basilique du Vatican.
A cette époque, après l'officialisation du nouveau culte chrétien, en 313, Constantin était suffisamment instruit pour agir à bon escient. Si le Mouvement paléo-chrétien avait eu une origine juive, l'Empereur aurait attendu d'avoir terminé sa conquête de l'Orient pour édifier cette Basilique-Mère à Jérusalem et non à Rome. Cette conquête de l'Orient aurait pris l'aspect d'une sorte de croisade ( avant la lettre) pour la délivrance de la Jérusalem " sacrée", ce qu'elle n'eut jamais . Aelia était une cité sans grande importance, peuplée de vétérans des armées impériales, enrichie de temples dédiés aux principales divinités des cultes ancestraux. Ces monuments furent détruits par Constantin, et les richesses accumulées en leurs murs servirent à l'édification de bâtiments réservés au nouveau culte
du Christ-Empereur . Aelia redevint Jérusalem et accueillit quelques pélerins férus de la Septante;
elle fut islamisée dès 638 .
Jérusalem s'éleva à la hauteur d'une capitale spirituelle du christianisme romain à dater de la diffusion, aux 8ème/ 9ème siecles, du récit de la découverte de la " vraie croix" par l'Impératrice Hélène, mère de Constantin, récit imaginé à partir de la légende du roi d"Edesse, Abgar . La possession de cette "vraie croix" devint une obsession pour les Occidentaux frappés par les suites calamiteuses des "grandes faims", des 9ème/11èm