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I - Les origines chrétiennes
II - Constantin et l'Avènement du Christianisme

I - Les Origines Chrétiennes

a) L'Historicité des Evangiles ?
b) Qui était chrétien ?
c) Une Préhistoire Chrétienne
d) Une Protohistoire chrétienne

e) Références bibliographiques

C'est en l'an 73 avant notre ère que Spartacus suscita contre les Autorités romaines la révolte armée de milliers d' esclaves .
C'était un gladiateur valeureux , qui déploya les talents d' un indiscutable chef de guerre .
Il sut transformer ses compagnons de lutte en une unité redoutable , qui battit cinq fois de suite les Romains .Il fallut attendre le retour d'Espagne de Pompée , en 71 , pour que les soldats romains , répartis en deux ensembles commandés respectivement par Pompée et Crassus , pussent la prendre en tenaille et l'écraser . Pendant deux ans , Rome avait tremblé et vacillé ; la répression fut d'une cruauté sans égale et crucifia le long de la Voie Appienne des milliers de prisonniers .

Spartacus se signalait par une personnalité hors du commun .
Son courage , son génie , son allure rayonnante l'avaient fait identifier , de son vivant , à une divinité de son pays d'origine : la Thrace , à Sabazios assimilé à Dionysos.
Un culte personnel lui était rendu , comme sera plus tard le culte impérial.

Blessé au cours de la dernière bataille , il fut , dit-on , enlevé sur un char par sa compagne , prophétesse de Sabazios , laissant vivant dans les masses serviles l' espoir d' un retour triomphal .
Le souvenir de cet homme " divin " , et la faim de vengeance développée chez les esclaves du fait de la répression romaine , constituèrent les éléments premiers , de nature psycho-sociologique , du mouvement chrétien , qui grandit , progressivement , durant deux siècles d'oralité triomphante , et aboutit à l'institution d'un ensemble de croyances religieuses dans la dernière partie du deuxième siècle de notre ère .

a) L' historicité des évangiles ?

Le Christianisme romain est une religion incarnée dans une Institution Etatique , l'Eglise catholique romaine qui siège au Vatican.
Cette religion s'est constituée comme toutes les autres à partir de phénomènes socio-psychologiques
qui ont donné lieu, dans le temps, à la formulation d'une doctrine évolutive. La doctrine chrétienne a été précisée au cours des siècles par des Conciles oecuméniques, de Nicée en 325 à Vatican II en 1962 - 1965.
Notre but n'est pas de mettre en discussion les éléments de cette doctrine, mais de rechercher si les événements présentés comme les supports historiques des dogmes chrétiens ont bien existé, et plus particulièrement ceux relatifs à la vie de l'Homme-Dieu, Sauveur adoré des Chrétiens auquel nous consacrerons un dossier à télécharger , et une page de cette version .

Mais il faut relever dès maintenant la contradiction dans laquelle s'est enfermé, à notre avis, le dernier Concile de Vatican II, dans la Constitution du 18 Novembre 1965 "Dei Verbum" sur la révélation divine (1)

En effet:

  • d'une part, dans le chapitre V relatif au Nouveau Testament, il rappelle que: "la Sainte Mère Eglise tient fermement et avec la plus grande constance que les quatre évangiles mentionnés, dont elle affirme sans hésiter l'historicité, transmettent fidèlement ce que Jésus le Fils de Dieu, du temps de sa vie parmi les hommes, a réellement fait et enseigné "
  • d'autre part, dans le chapitre III sur l'Inspiration divine de la Sainte Ecriture et son interprétation, ce même Concile qualifie, au moins en trois passages, les auteurs, dits inspirés , d'hagiographes et non d'historiens.

Or, on ne saurait en aucune manière confondre histoire et hagiographie. L'histoire consiste en une relation d'événements concrets, datés positivement, même si cette relation littéraire en constitue une interprétation subjective.

L'hagiographie représente un genre littéraire très particulier, mêlant des personnages merveilleux: dieux, anges, démons, fées, magiciens etc…, projetés sur la scène terrestre en vue d'actions précises, des miracles par exemple, mêlant ces personnages imaginaires et anthropomorphiques à la vie quotidienne des hommes, pour donner au récit une allure de réalité; mais généralement ces ''effets de réel '' ne correspondent pas au contexte de l'époque à laquelle la narration veut se situer. L'hagiographie se présente en définitive sous forme de mythologies, de contes destinés à un public avide de ce "merveilleux", de cet "enchantement", pour oublier ses conditions de vie et se donner un espoir de leur amélioration, ou de revanche contre le sort.

La question se pose donc de savoir si les évangiles chrétiens sont des ouvrages historiques ou de simples hagiographies alimentées par l'imagination de leurs auteurs pour répondre aux besoins socio-psychologiques d'un public déterminé. La réponse nous est donnée par une Revue didactique diffusée dans les paroisses catholiques et intitulée "Prions en Eglise".

Il s'agit d'une Revue mensuelle éditée par Bayard-Presse "La Croix", dont le N° 107 de Novembre 1995 précise :"Dans la Bible, ne cherchons pas l'Histoire, mais l'Histoire Sainte….Le problème est identique pour le Nouveau comme pour l'Ancien Testament.

Ceux qui ont commencé, bien des années après Pâques, à écrire les évangiles, ont voulu témoigner de leur Foi en Jésus le Fils de Dieu...Les évangiles ont pour objectif premier de nous faire découvrir et partager la Foi des premières Communautés chrétiennes. Ainsi, la Bible a été écrite par des croyants pour des croyants…"( 2 )

Les évangiles seraient donc, aux dires d'Enseignants catholiques autorisés, des livres de propagande destinés à diffuser une croyance, une idéologie, et non un récit historique; il nous faut tenir le plus grand compte de cet avertissement, et rechercher ailleurs, chez des historiens patentés de l'époque mise en scène, les preuves, si elles existent, de la vie du Fils de Dieu sur Terre. Finalement, les catholiques romains, du fait de leur besoin de croire en un Sauveur incarné, prétendent que ces évangiles restent des livres historiques. Nous en découvrirons, au contraire, l'anhistoricité, et affirmons dès maintenant qu'ils ne constituent que des hagiographies, devant être traitées comme telles,c'est à dire des récits mythologiques suivant la définition du mythe par le dictionnaire Larousse.

  • b) Qui était Chrétien ?

    Parmi les historiens non chrétiens qui auraient attesté l'historicité de l'Homme-Dieu Jésus, le "Dictionnaire de la Bible"( 3 ) cite Flavius Josèphe qui dans ses "Antiquités judaïques ( 4 ) datées des années 93 - 94 de notre ère, aurait été le premier à parler de Jésus dit le Christ, frère de Jacques et "homme sage, auteur d'actes prodigieux....", ressuscité le troisième jour après sa mort sur la croix sur ordre de Pilate "comme les prophètes de Dieu l'avaient annoncé..."
    Ces déclarations de Flavius Josèphe constitueraient le "Testimonium flavianum".

    L'on ne peut manquer d'être surpris, pour le moins, par de telles affirmations et mettre fortement en doute leur attribution à F.Josèphe, qui est resté attaché à sa religion juive, en pleine mutation après la destruction de Jérusalem en 70, au lieu de devenir un fidèle de Jésus dont il aurait reconnu la divinité.

    Si l'on savait, en outre, de façon certaine, dans la dernière décade du premier siècle de notre ère, que Jésus était bien mort crucifié par ordre de Pilate, il devient totalement incompréhensible que le Credo des 318 Pères conciliaires de Nicée ( 5 ), en 325, n'ait pas édicté la mort ,sacrificielle ou non ,de leur Dieu; il fallut attendre la publication des Actes du Concile de Chalcédoine de 451 pour que l'Eglise catholique romaine admît, dans sa doctrine, un Sauveur crucifié qui se serait incarné, pour cela, sous la forme d'un esclave, figure antithétique d'un Christ-Roi.
    De plus, F.Josèphe, né dans une famille de prêtres juifs, tenait ,pour seul légitime, un gouvernement théocratique, celui des lévites mettant directement en oeuvre la Loi reçue de Dieu par l'intermédiaire de Moïse. La royauté n'était pour lui qu'un pis-aller: un roi juif se devait de n'agir en tout qu'en collaboration avec le Grand-Prêtre, et après l'avis du Conseil des Anciens. Comme le terme de "Christ" (oint de Dieu) ne peut s'appliquer qu'à un Roi ou Empereur, son emploi pour qualifier l'Homme-Dieu aurait de fait souligné non pas sa divinité mais cet état de subordination générale à l'égard du corps sacerdotal.

    Contradictoirement, la divinité d'un tel homme serait attestée sans aucun doute par sa résurrection le troisième jour après sa mort sur la croix "comme les prophètes de Dieu l'avaient annoncé". Mais cet enchaînement supposé nous enferme dans les raisonnements habituels des "christianistes", des adorateurs du Christ-Roi, pour lesquels le Nouveau Testament est l'accomplissement de l'Ancien. Certes, F.Josèphe paraît se référer assez fréquemment dans ses ouvrages à la Septante gréco-alexandrine, l'Ancien Testament de l'Eglise catholique romaine, que les rabbis juifs n'acceptèrent jamais parmi leurs livres sacrés.
    La question se pose donc de savoir si le Nouveau Testament et les évangiles existaient avant la fin du premier siècle de notre ère et qu'ainsi F.Josèphe aurait pu les consulter et reprendre sous sa plume ces expressions habituelles aux évangélistes sur la continuité entre l'Ancien et le Nouveau Testament.
    Plus loin , nous examinerons les conditions dans lesquelles les "Chrétiens" ont pu s'approprier le texte gréco-alexandrin de la Septante, compte tenu du fait historique de la crise déclenchée par Marcion de Sinope ( 6 )dans le Collegium ou groupement chrétien de Rome, ville ou séjournait F.Josèphe.
    Cette crise dura cinq ans, de 139 à 144, et se termina par l'expulsion de Marcion jugé hérétique, du fait qu'il n'acceptait pas de voir dans la Septante la préfiguration de la vie de Jésus et de sa résurrection.
    Si F.Josèphe avait effectivement écrit que les prophètes de Dieu avaient prédit la résurrection de l'Homme Jésus, la crise marcionite n'aurait pas eu lieu; les Romains se seraient appuyés sur des textes écrits plus de cinquante ans auparavant, et auraient rejeté l'hérétique à sa première intervention, ce qui ne s'est pas produit.

    De surcroît, il faut donner toute son importance au fait que F.Josèphe vivait à Rome, et que les textes chrétiens dont il se serait inspiré étaient romains. Or, tous ces textes ont été détruits lors de la persécution de Dioclétien, comme l'écrit justement Mme.L.Piétri dans un livre collectif intitulé: "Aux origines du Christianisme" ( 7 ) .
    Les textes chrétiens romains que nous connaissons aujourd'hui ont été écrits ou réécrits à partir du IVème siècle de notre ère, mais , s'il y a eu réécriture, celle-ci ne peut pas matériellement constituer une copie littéralement fidèle des textes supposés rédigés trois siècles auparavant.
    En d'autres termes, nous jugeons de la conformité de F.Josèphe aux textes chrétiens supposés être de son époque à travers des récits datant au plus tôt du IVème siècle et dont la première édition "inspirée" est officiellement de 1592, sous la forme de la Sixto-Clémentine ( 8 ).
    En bref, si effectivement F.Josèphe avait pensé que Jésus était Dieu du fait notamment de ses interventions extraordinaires comme la multiplication des pains et de sa résurrection le troisième jour après sa mort, il ne se serait pas contenté de deux mentions dans toute son oeuvre; il en aurait parlé forcément "d'abondance", presque à chaque page, car cette certitude aurait transformé sa vie, le conduisant normalement à abandonner une religion juive en pleine mutation pour adorer ce Dieu incarné, qui se serait manifesté à lui.

    Finalement, nous ne pouvons qu'exprimer notre total désaccord avec l'Eglise catholique romaine dans son exploitation de citations faussement attribuées à F.Josèphe.
    Il ne peut s'agir que d'interpolations tardives dont la rédaction par des scribes chrétiens s'apparente, pour partie, à un résumé de la vie extraordinaire d'Apollonius de Tyane.
    D'autant que F.Josèphe n'aurait pu être le seul témoin juif de la vie de Jésus. Or, l'autre historien juif contemporain de F.Josèphe, Juste de Tibériade, n'a pas parlé de l'Homme-Dieu; ni Philon d'Alexandrie qui aurait vécu aux temps mêmes de celui-là, Philon qui, selon le "Dictionnaire encyclopédique du Judaïsme"( 9 ),est un "informateur irremplaçable"; à vrai dire, si le Fils de Dieu, défini "lumière de lumière" par le Concile de Nicée en 325, était venu sur la Terre, même pour une courte période, celle-ci aurait été illuminée par l'éclat de sa personne assimilée au Soleil, et tous les historiens auraient rapporté cet événement vraiment miraculeux.

    Il reste que le mouvement chrétien constitue un phénomène historique des trois premiers siècles de notre ère. Dès le IVème, il s'est fondu dans le Christianisme constantinien, d'où la confusion erronée, même si multiséculaire, faite entre Christos et Chrestus. Le qualificatif de Christ vient directement du grec Christos, qui signifiait primitivement "oint "et plus tardivement "oint de Dieu "; c'est un adjectif déjà employé par Euripide; il donnera au IVème siècle après le Concile de Nicée en 325 le terme de christianisme: religion du roi ou adoration de l'empereur.
    Malgré les conventions, il ne saurait en aucune manière se confondre avec "Chrestus", nom en latin d'une personne physique , utilisé par Cicéron par exemple et signifiant "Bon" ou "Lebon", constituant aussi un sobriquet amusant pour un esclave. Ce nom de "Chrestus" est placé furtivement par Suétone au chapitre 25 du livre V de ses "Vies des 12 Césars" ( 10 ) ,consacré à Claude (41 - 54) successeur de Caligula (37 - 41). L'historien traite ce Chrestus d'agitateur au nom duquel ses affidés, "les Chrétiens", se soulevaient fréquemment à Rome, dans la première moitié du premier siècle de notre ère.

    Suétone nous renseigne malgré lui sur ces révoltés. Qui pouvaient. en effet, s'insurger contre l'Etat romain, sinon les opprimés, les exploités sans aucun droit, c'est-à-dire les esclaves et les prolétaires? Leurs manifestations tumultueuses sous le Principat de Claude prouvaient l'existence d'un mouvement déjà ancien ,suffisamment sûr de lui, confiant en sa force, agissant souterrainement depuis quelques dizaines d'années auparavant, vraisemblablement depuis la fin du siècle précédent.
    Suétone nous permet de penser aussi que, s'agissant d'esclaves, le mouvement chrétien n'était pas marqué par une origine nationale précise. Les esclaves étaient d'origines les plus diverses, y compris juive; les esclaves juifs à Rome même se comptaient par milliers.
    Le mouvement chrétien avait dès son origine une nature universelle, en ce sens qu'il pouvait concerner tous les esclaves, au moins ceux habitant les grandes cités d'Orient et d'Occident; il s'enrichira au IIème et surtout au IIIème siècle d'adeptes issus d'autres catégories sociales.

    c) Une Préhistoire Chrétienne

     

    Cette période va du lendemain de la défaite de Spartacus (-71) à environ 150 de notre ère. Les premières victoires de Spartacus avaient eu le temps de se répercuter jusqu'aux limites des possessions romaines.

    L'écrasement final stupéfia les esclaves, leur ôtant tout espoir individuel et collectif de retrouver une condition d'être humain.

    Ils redevinrent de simples outils de production, sans nom, sans droit, sans soins, sans religion personnelle, sans sépulture convenable assurant à leurs dépouilles un abri propice à la commémoration de leur existence terrestre.
    Mais pour accepter de vivre, il faut au moins un espoir.
    La déréliction totale de la condition servile provoqua avec une haine absolue des propriétaires romains le développement du banditisme qui devint sous l'Empire une sorte de contre-pouvoir, aux dires d'Apulée dans ses " Métamorphoses "(11).

    Spartacus à la tête des esclaves révoltés


    Surtout, les imaginaires brutalisés créèrent les types les plus divers de Sauveurs, les illusions eschatologiques les plus vives de victoire finale sur les oppresseurs, de "Jugement dernier" donnant à chacun la fin méritée. La perspective de ces lendemains imaginés glorieux était d'autant plus spontanée que Spartacus, de son vivant, avait fait l'objet d'un culte personnel authentique, qu'il avait disparu du champ de bataille et que chacun pouvait escompter son retour pour apporter un jour à son peuple une liberté totale.
    Cet ébranlement socio-psychologique fut de première grandeur, parce que Rome pendant 2 ans avait été directement menacée par les rebelles; la révolte dura assez longtemps pour que la totalité des esclaves ait pu en être informée. Enfin, la barbarie inouïe de la répression ajouta l'amertume la plus noire au désespoir le plus inhumain. Les esclaves formés aux lettres dans les paedagogia d'Octavien, et envoyés à Alexandrie (à partir de -30) comme "employés aux écritures " de l'Administration octavienne participaient certainement à ce climat eschatologique de revanche. Ils découvrirent en lisant la Septante que d'autres avant eux avaient connu une oppression aussi lourde et des sentiments analogues.
    La Septante leur semblait raconter leur propre histoire sous d'autres noms et d'autres appellations jusqu'au salut promis par un Dieu innommé.
    La religion a toujours été primordialement le langage inventé par des hommes pour effacer leurs peurs, leur désespoir, leurs difficultés de vie; elle incarne les phénomènes inconscients de compensation aux angoisses vitales dues à l'environnement naturel ou économico-politique, ou culturel.
    Il se développa chez ces esclaves lettrés une affection pour ce livre qui décrivait si bien leurs états d'âme. Ils en parlèrent autour d'eux, expédièrent des copies à Rome, traduisirent en latin quelques pages saisissantes; bref, le Livre devint au bout de quelques dizaines d'années un témoin d'identité et un lien entre les diverses collectivités serviles, qui cultivèrent, chacune de son côté, l'image d'un Sauveur inconnu diffusée par des adeptes illuminés, animés par une croyance plus vive , que l'on appelait des " prophètes ".

    Mais, reconnaissons le, les termes "d'appropriation de la Septante" viennent trop aisément sous la plume; ils ne correspondent pas à la mentalité de l'époque considérée, à laquelle la notion d'auteur et surtout de droits d'auteur était pratiquement inconcevable. Un texte appartenait au propriétaire du manuscrit ou volumen ou codex le contenant; ce dernier pouvait en faire ce que bon lui semblait, éventuellement un emballage pour des denrées alimentaires.

    A partir du moment, vers 275 avant notre ère, où ,à Alexandrie ,la Loi des Juifs, la Torah, fut traduite en grec à des fins politico-culturelles, cette traduction, quel qu'en fut le titre, appartenait au Pharaon, qui en confia la garde et l'exploitation à Démétrios, le bibliothécaire du Musée de la ville. Les volumes écrits en grec constituaient un ouvrage de la dynastie Ptolémaïque, et devinrent romains après la défaite de la flotte de Cléopâtre à Actium, en l'an 31 avant notre ère. Octavien, le futur empereur Auguste, vint en Egypte dès le mois d'Août de l'année 30, et y installa des fonctionnaires pour organiser l'occupation; parmi ceux-ci, il y avait nécessairement un nombre important "d'employés aux écritures" : scribes en tous genres, traducteurs etc.…, dont des chrétien qui prirent connaissance progressivement des livres en nombre très important de la Bibliothèque d'Alexandrie, en fonction des besoins de leur Administration. Ce qui représenta un temps assez long.
    Il fallut attendre , en effet, le premier siècle de notre ère pour qu'un auteur, non Juif, le Pseudo-Longin dans son "Traité du Sublime" cita la Septante pour la première fois. Pour les esclaves lettrés, l'ouvrage appartenait à leur Empereur du fait de la conquête de l'Egypte, la Septante avait d'autant moins une origine juive que les rabbis palestiniens l'avaient toujours rejetée hors leurs écritures "sacrées". Pour ces fonctionnaires romains,même si d'origine juive , il s'agissait d'un ouvrage romain, écrit en grec, à leur disposition, livre qui racontait une histoire d'hommes opprimés comme eux-mêmes, histoire qui se confondait totalement avec la leur, et qu'ils adoptèrent peu à peu, comme malgré eux, tant son écriture les envoûtait.

    Ce travail faisait inévitablement ressurgir dans leur inconscient collectif la figure de Spartacus, le chef tant aimé pour ses qualités exceptionnelles de bravoure, ses victoires, son charisme lumineux d'Imperator, à l'instar d'un Marius providentiel vainqueur en 102 - 101 des Cimbres et des Teutons, terreur des armées romaines. La personnalité religieuse de Spartacus, grandie par ses relations privilégiées avec Sabazios, divinité Thrace depuis longtemps confondue avec Dionysos, transformait celle-ci en une véritable assimilation; un culte personnel lui était rendu de son vivant, préfigurant le culte impérial plus tardif. La personnalité de Spartacus obsédait d'autant plus les imaginations que, blessé lors de la dernière bataille contre Crassus, il avait disparu, emporté sur un char, disait-on, par sa compagne, la prophétesse de Sabazios-Dionysos.

    L'on se disait qu'il reviendrait une fois rétabli dans sa puissance guerrière pour donner à ses fidèles la victoire éclatante tant espérée sur leurs exploitants. Les aspects inconscients de la religiosité du mouvement chrétien agissaient de façon prépondérante dans "l'adoption" (?) de la Septante. Dans diverses communautés urbaines, ou Collegia, à Rome et autres villes ou ports italiens, ils suscitèrent l'apparition de prophètes ou prophétesses, serviteurs de la parole, mûs par la force hallucinatoire de leurs convictions, de leur Foi en un Sauveur dont ils contaient les faits et gestes.
    Le Sauveur dont ils parlaient était une personne caractérisée par une éternelle présence; on ne pouvait l'imaginer mort et encore moins torturé sur une croix; c'était le résultat maintenant bien connu d'une oralité triomphante, analysée par W.Kelber dans son livre "Tradition orale et écriture"( 12 ) . Ces prophètes et prophétesses se manifestaient en orateurs aux charismes divers;: capables parfois de susciter des mouvements de colère contre les Autorités romaines. Parmi eux, une personnalité se détacha par sa très grande influence sur les communautés : Chrestus, cité par Suétone comme nous l'avons vu précédemment, dont les affidés devinrent les Chrétiens.
    En définitive, cette période de préhistoire chrétienne a été dominée par les deux figures emblématiques de Spartacus et de Chrestus, ce dernier ne pouvant être confondu ni avec Christus ni avec aucun membre de l'entourage du Jésus des évangiles puisqu'aucun d'entre eux n'est mentionné par le livre "saint" des chrétiens pour avoir séjourné à Rome. Chrestus fut très vraisemblablement un esclave dont les talents d'organisateur et le charisme l'imposèrent à la masse servile de la Ville; c'est lui qui fut la "pierre" de fondement du mouvement, lui qui convainquit ses compagnons de s'organiser dans le cadre légal des Collegia, sorte d'associations d'entraide mutuelle, pour présenter pacifiquement aux Autorités leurs revendications et obtenir une humanisation de leur statut. La préhistoire du mouvement chrétien fut, donc, romaine ( et non pas juive !), puisque la législation des Collegia n'était applicable qu'à Rome; elle fut étendue à l'Italie par Auguste, mais on dut attendre le début du 3ème siècle, sous Septime-Sévère, pour son extension à tout l'Empire.
    La seconde caractéristique de la préhistoire chrétienne consistait en ce que le mouvement n'avait pas de nature religieuse. S'il avait été religieux, si les chrétiens avaient adoré un dieu sur une croix, les Romains ne l'auraient pas persécuté puisque ce culte aurait été perçu comme apparenté au culte métroaque de Cybèle-Attis, célébré à Rome depuis l'an 204 avant notre ère: durant la "semaine sainte" de Pâque, Attis, symbolisé par un pin figuré par une croix, mourait trois jours avant Pâque et ressuscitait ce jour-là en faisant déborder la Ville de la joie de l'hilarie. Le mouvement était essentiellement revendicatif et créateur d'éventuels troubles publics redoutés par les Autorités. De surcroit, la présence de nombreux esclaves fugitifs dans les bandes armées de voleurs et de bandits contribuait à nourrir dans la population la crainte du mouvement chrétien, considéré comme le fournisseur des brigands, crainte répandue progressivement dans l'Empire tout entier; l'appellation de chrétien fit peur, sinonyme de fauteur de troubles; d'où les arrestations en 64 opérées par Néron à la suite de l'incendie de Rome; Chrestus fit, vraisemblablement, partie des chrétiens emprisonnés puis crucifiés. La légende, reprise après plusieurs siècles par le "Liber pontificalis" , créa le personnage de Pierre, premier évêque de Rome de 42 à 67.

    Contrairement aux idées reçues, il n'y eut pas alors de "persécutions" contre ces Chrétiens pour des motifs religieux. La lettre, que Pline le Jeune, gouverneur de Bithynie (aujourd'hui province de Turquie, riveraine de la Mer Noire), envoya à leur sujet à l'Empereur Trajan en l'an 112 de notre ère, manifeste une certaine hésitation quant à l'attitude à prendre vis à vis de ces trublions. Il fallait les mettre hors d'état de nuire dans la mesure où, reconnaissant leur identité chrétienne, ils menaçaient la stabilité et la sûreté de l'Etat. Il y eut donc certainement quelques suppliciés chrétiens pour des raisons de sécurité interne, mais, rappelons- le, il n'a pas existé d'ensemble cohérent de croyances religieuses chrétiennes avant la seconde moitié du IIème siècle de notre ère, comme l'indique clairement le "Dictionnaire de l'Antiquité" de l'Université d'Oxford( 13 ) .

    d) Une Protohistoire Chrétienne

    Cette période s'étend de 150, environ, de notre ère à 313, date de l'officialisation du culte chrétien devenu progressivement depuis 307 le christianisme, le culte de Constantin.
    Cette période s'est particularisée en ce qu'elle commença et s'acheva par de violents affrontements entre groupements chrétiens, d'abord à Rome vers 180 selon les descriptions contenues dans le livre du philosophe Celse intitulé "Le discours vrai", puis à partir de la fin du 3ème siècle du fait de la doctrine d'Arius prêchée d'abord à Alexandrie. Ces affrontements, parfois ensanglantés, eurent les pires conséquences sur l'ordre public et exigèrent des Pouvoirs publics une réaction adaptée à la situation

    Ce fut aussi une époque de bouillonnement intellectuel, mais la caractéristique essentielle resta l'organisation hiérarchique des Collegia chrétiens à partir de 212; c'est par ce point que nous commencerons cette enquête.
    Il existait primitivement au bénéfice des citoyens de Rome une législation leur permettant de se regrouper en associations de toutes sortes pour développer entre eux, par la mutualité et la solidarité, leur concitoyenneté. Cette législation fut, au premier siècle de l' Empire , étendue à toute l'Italie; puis Septime Sévère (193 -211) l'instaura dans toutes les provinces impériales.
    La révolution en ce domaine vint d'un décret pris en 212 par Caracalla, fils de Septime Sévère; il accorda la citoyenneté romaine à tous les hommes libres vivant dans l'Empire. Tous les hommes libres "chrétiens ", d'où qu'ils soient, des humiliores essentiellement, purent donc se retrouver dans des Collegia organisant entre eux et les esclaves dans leurs relations une mutualité générale permettant aux pauvres de recevoir, avec les aides matérielles dont ils avaient besoin, l'assurance d'une sépulture convenable dans des catacombes ou autres lieux appropriés acquis par leurs associations.
    Les riches, opposés à l'envahisseur romain,obtenaient, en contrepartie, un pardon plus facile pour leurs fautes.
    Les réunions des affidés chrétiens durent se structurer et, pour être tolérées par les autorités impériales, perdre également toute allure insurrectionnelle. Peu à peu, ces assemblées se transformèrent en pratique d'un culte privé autorisé (ce fut la période dite de " petite paix " de 212 à 250) à une double condition:

    • la première: chaque Collegium devait élire un épiscopus responsable sur sa tête de la discipline du groupe; cet épiscopus, ou évêque, fit le lien entre son association et l'Administration impériale; de ce fait, il ne fut jamais un esclave, rarement un riche affranchi, pratiquement toujours un honestior; il fallait parler le même langage que les Administrations.

    • la seconde : chaque réunion de Collegium devait se terminer par une prière pour la prospérité de l'Empire et la bonne santé de l'Empereur.

    Cette véritable intégration dans la vie quotidienne de l'Empire résista à toutes les tempêtes créées par ce qu'il est convenu d'appeler les " grandes persécutions " ( celle de Dèce en 250, de Valérien en 257, de Dioclétien en 303 ); si bien que les Collegia chrétiens, nombreux dans les grandes cités , Rome, Carthage, Alexandrie, Antioche , formèrent virtuellement une sorte de parti monolithique et hiérarchisé, seul de son espèce, sans aucune concurrence de cette nature dans les religions dites païennes.
    A la fin, vers 312, il se présenta au regard de Constantin, victorieux mais hanté par la réalisation de l'unité de l'Empire, comme le seul moyen de la cimenter; il fit de la religion chrétienne, qui se transforma peu à peu en christianisme, son administration religieuse, et de chaque évêque un agent de cette unification.

    Ce fut certainement l'événement socio-politique le plus important des origines chrétiennes, conséquence d'une sorte de "trahison des clercs ", des " lettrés " chrétiens issus des paedagogia de l'Administration de l'Empire; pour garantir les avantages de leur statut,obtenus au bout de trois siècles de labeur, ils préférèrent pactiser avec un Empereur romain, leur antique ennemi, lui apporter l'appui efficace de leurs organisations contre la cessation définitive des persécutions, une introduction parmi les religions officielles, puis bientôt la reconnaissance de leur culte comme seule religion d'Etat. La persécution de Dioclétien les avait trop profondément traumatisés.

    Mais la période que nous analysons réserve encore bien d'autres traits saisissants. Les traductions latines de la Septante se multiplièrent; les veteres latinae garnirent les rayons des bibliothèques des communautés, l'amour du texte grandit; l'appropriation se fit décisive; les Chrétiens finirent par se croire les nouveaux Juifs, les véritables destinataires des messages divins aussi sacrés pour eux qu'ils l'avaient été pour les Judéo-Alexandrins d'autrefois.
    Leur Sauveur devint celui qui était annoncé par le Livre.

    Il y eut donc une inversion de leur croyance. Le Sauveur n'était plus celui dont on parlait avec les " prophètes "; le Sauveur accomplissait désormais les Ecritures. La Foi n'était plus croyance dans des paroles; la Foi se mua en croyance dans des livres, comme en témoigne nettement, dans ses ouvrages après 250, Cyprien, Pape de Carthage( 14 ).L'oralité, autrefois triomphante, partage d'émotions et d'images provoquées par les dires et les gestes des "prophètes", leurs mises en scène,leurs mimes , et leurs chants, se transforma en lecture de livres sacrés par dessus les têtes de foules illettrées, lecture accompagnée de commentaires de l'évêque. De la participation active, on passait à la caporalisation des fidèles, conséquence immédiate de l'organisation des Collegia hiérarchisés.

    L'évocation de ces assemblées obéissantes nous conduit à préciser les points suivants:
    - Dans le climat d'anarchie de cette période, ( en 50 ans, de 235 à 284, vingt empereurs se succédèrent ) la croyance chrétienne s'affirme comme une eschatologie, l'espérance d'une prochaine fin du Monde, l'espoir très vif du Jugement dernier. Cyprien va au-devant du martyre le 14 Septembre 258 pour obliger en quelque sorte son Dieu à se manifester sur Terre afin de venger les siens, morts torturés par l'ennemi; ces martyrs sont sous les autels et crient: " Quand viendras-tu ? " Cyprien leur recommande une provisoire patience ( 15 ).- Ce climat très pessimiste s'accompagne d'un affrontement des communautés entre elles, à propos de tel rite, de tel sacrement ou de telle croyance particulière. Cyprien s'oppose violemment par écrit à l'évêque de Rome, Etienne, à propos de la question du double baptême après les schismes consécutifs à chaque persécution; les deux évêques vont jusqu'à s'excommunier mutuellement.
    Il n'y a pas une Eglise, mais des Collegia doctrinalement concurrents et s'opposant parfois violemment .
    - La volonté de puissance de chaque évêque s'exprime aussi par l'exclusion des hérétiques. Qui détient la vérité ? Celui qui pourra le plus fréquemment se référer à la Septante, dont il donnera l'interprétation la plus percutante; l'allégorie triomphe. Depuis Irénée, tout au début du 3ème siècle, la chasse à l'hérésie devient une préoccupation majeure, dont les gnostiques alexandrins, et autres, fourniront les victimes les plus connues, après Marcion, Montan etc.. Finalement la loi du nombre et la notoriété de la Capitale joueront en faveur de la communauté romaine qui imposera sa doctrine comme l'orthodoxie.

    La doctrine religieuse chrétienne de cette période reste souvent difficile à saisir. Les aspérités bourrues d'une personne comme Tertullien ne sont pas de nature à nous en faciliter la compréhension. Au milieu du 3ème siècle, Cyprien, premier Père de l'Eglise, écrira à son ami Donat pour l'inciter à partager sa nouvelle croyance religieuse , mais ne parlera pas une seule fois du Christ. Avant lui, Minucius Felix, dans son Octavius , voulant faire l'apologie de sa religion chrétienne, n'avait évoqué ni le Christ, ni la Septante, ni les Evangiles, ni les Apôtres, selon l'analyse de Gaston Boissier dans son livre sur " La fin du paganisme " ( 16 ).

    Il reste, comme donnée historique , les persécutions de Dioclétien déclenchées en 303. Ce fut d'abord une action de censure tendant à la destruction totale des livres sacrés chrétiens, dont la lecture provoquait les pires dissenssions entre les Collegia, dressés les uns contre les autres, surtout en Orient, par la doctrine d'Arius. Cette censure, suivie de la torture et de la mort des gardiens de ces livres qui refusaient de les remettre, s'exerça durant dix ans en Occident et vingt ans en Orient, compte non tenu de l'action de Constantin. Cette destruction massive fut d'autant plus réussie que les Collegia chrétiens étaient parfaitement connus et surveillés par l'Administration , depuis un siècle. Les bibliothèques les plus importantes, comme celle de la communauté romaine, furent entièrement détruites. Seuls, subsistèrent quelques ouvrages détenus par de très petites communautés isolées, en Afrique du Nord par exemple. En fait, tous les livres saints connus aujourd'hui ont été pratiquement composés après Dioclétien alors que la victoire de Constantin au pont Milvius le 28 Octobre 312 allait transformer définitivement la religion chrétienne en Christianisme, c'est-à-dire en une divinisation de l'Empereur .
    L'arrêt de cette "persécution" valut à Constantin d'être béatifié, malgré ses crimes de sang abominables à l'encontre de sa propre famille. Cependant, Dioclétien laissa une telle empreinte dans les mémoires par son action rénovatrice à la tête de l' Empire et son retour délibéré en 305 à l'état de simple citoyen, que son accession au Principat en 284 devint le point de départ d'une ère de Dioclétien ; elle fut utilisée pour dater les années jusqu' en 247 après, jusqu'à ce que Denys le Petit, dans ses calculs de la fête de Pâques,décida de remplaçer l'an 248 de Dioclétien par l'an 532, anno Domini, croyait-on.

    e) Références Bibliographiques

    ( 1 ) - Cf " Les Conciles oecuméniques " - édité par Le Cerf - Paris 1994 : Tome II/2 , page 1985

    ( 2 ) - Cf " Prions en Eglise " - édité par Bayard Presse - La Croix-Evénement - Paris Nvbre 1995 : pages 10 et 11.

    ( 3 ) - Cf " Dictionnaire de la Bible " par A.M. Gérard - édité par R.Laffont, Bouquins - Paris 1989 : page 643 .

    ( 4 ) - Cf " Flavius Josèphe " par D.Lamour - édité par Les Belles Lettres - Paris 2000 : Figures du Savoir .

    ( 5 ) - Cf " Les Conciles oecuméniques " - op.cit. : Tome II/1, page 35 .

    ( 6 ) - Cf " Le monde grec ancien et la Bible "- Collection " Bible de tous les temps " - édité par Beauchesne - Paris 1984: "La Bible chez les marginaux de l'orthodoxie " par A. Le Boulluec , page 153 et stes .

    ( 7 ) - Cf " Aux Origines du christianisme " - édité par Gallimard , folio histoire - Paris 2000: " Les persécutions , le tribut de l'Eglise de Rome " par Luce Pietri , page 462 .

    ( 8 ) - Cf " Le temps des Réformes et la Bible " - Collection " Bible de tous les temps " - op. cit. - " La réforme catholique " par Guy Bedouelle : La Vulgate sixto-clémentine , page 350 et stes .

    ( 9 ) - Cf " Dictionnaire encyclopédique du Judaïsme " - édité par Le Cerf - Paris 1993 : Philon d'Alexandrie , page 879

    ( 10 ) - Cf " Les Douze Césars " - traduction d'E. Pessonneaux- édité par Charpentier- Paris 1875 , page 556 : " Judaeos , impulsore Chresto, assidue tumultuantes , Roma expulit ".

    ( 11 ) - Cf " Les Métamorphoses " par Apulée - édité par Les Belles Lettres - Paris 1985 : XXX livres ; voir plus précisement les livres III et IV .

    ( 12 ) - Cf " Tradition orale et Ecriture " par Werner Kelber - édité par Le Cerf - Paris 1991 - Collection Lectio divina - : page 93 .

    ( 13 ) - Cf " Dictionnaire de L' Antiquité " de l' Université d' Oxford - édité par R.Laffont , Bouquins - Paris 1993 : voir "christianisme dans le monde romain " , page 207.

    ( 14 ) - Cf " Traités et Lettres " de Cyprien de Carthage - traduction de M.de Genoude - édité par Librairie Adrien Le Clère et Ce - Paris 1842 .

    ( 15 ) - Cf " Correspondance de Saint Cyprien " - traduction du Chanoine Bayard - édité par Les Belles Lettres - Paris 1962 .

    ( 16 ) - Cf " La Fin du Paganisme " par Gaston Boissier - édité par Hachette - Paris 1903 : 2 Tomes ; tome 1 page 261.

    ( 17 ) - Cf " Les plus anciens manuscrits de la Bible latine " par P.Petitmengin - édité par Beauchesne - Paris 1985 - Collection " Bible de tous les temps " : in " Le monde latin antique et la Bible " , page 89 / 123 .

    ( 18 ) - Cf " Histoire de la littérature grecque chrétienne " par A.Puech - édité par Les Belles Lettres - Paris 1928 .

    ( 19 ) - Cf " Erudition et Religion aux 17ème et 18ème siècle " par B.Neveu - édité par A.Michel - Paris 1994 : pages 37,71,110,113,116,119,125,175,194 .

    ( 20 ) - Cf " La Révélation d' HERMES TRISMEGISTE " - traduction par A.J.Festugière - édité par Les Belles Lettres - Paris 1989 : voir Tome1 " Instruction d'un Sage à un Roi " , page 325 .

    ( 21 ) - " Etudes d'Histoire Chrétienne " par J.Carcopino - édité par A.Michel - Paris 1953 : Les Fouilles de Saint-Pierre, page 191 .

    ( 22 ) - Cf " Les Conciles oecuméniques " op.cit. - Tome II-1 : Exposition ( de la Foi ) des 318 Pères , page 35 .

    ( 23 ) - Cf " Le vol des reliques au Moyen Age -Furta Sacra " par P.J.Geary -traduction de P.E.Dauzat - édité par Aubier Paris 1993 . Le récit de l' Invention de la Sainte Croix par l'Impératrice Hélène est l'un des tout premiers récits de translation de reliques ; le texte était connu en Occident , au 8ème siècle seulement . La lecture de ce livre est essentielle à qui veut comprendre l' évolution du Christianisme

     

    ( suite - 2ème partie )

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